Régimes de retraite: «Regardez-nous aller», lance Labeaume aux syndicats

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«Regardez-nous aller dans les prochains mois.» Régis Labeaume prévient que puisque les syndicats refusent de négocier en groupe les déficits des régimes de retraite, la Ville décidera elle-même du remède à administrer.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) «Regardez-nous aller dans les prochains mois.» Régis Labeaume prévient que puisque les syndicats refusent de négocier en groupe les déficits des régimes de retraite, la Ville décidera elle-même du remède à administrer. «Et si j'étais eux, je négocierais», a de nouveau averti le maire qui veut relancer les syndicats après leur refus d'assister à une quatrième «rencontre au sommet» le 7 décembre.

Après les pompiers et les cols bleus, les cols blancs, les professionnels et les policiers ont en effet confirmé lundi qu'ils déclinaient l'invitation du maire.

«On veut préserver leur régime de retraite; ben s'ils le perdent un jour, ce sera de leur faute. Et c'est pas interdit de penser qu'ils pourraient le perdre», a lancé le maire de Québec en point de presse avant le conseil municipal de lundi soir. Il s'agit du même argument qu'il a servi il y a deux semaines lorsque, déjà, les pompiers ont annoncé qu'ils ne comptaient pas participer à la rencontre.

En boycottant son invitation à négocier en groupe, les syndicats seront désavantagés, a-t-il soutenu lundi. «Ils nous laissent le champ libre pour changer bien des affaires dans les conventions collectives, pour faire des demandes au gouvernement. On va faire plus d'économies qu'on en ferait en réglant avec eux», a dit Régis Labeaume.

Des menaces? «Non, c'est juste que je regarde les faits», a répondu le maire, estimant que l'offre de partager le déficit des régimes de retraite à 50-50 et de hausser l'âge de la retraite à 65 ans est «raisonnable». Sans quoi, il dit que la Ville adoptera un régime à prestations cibles - comme le propose l'Union des municipalités du Québec - plutôt qu'un régime à prestations determinées.

M. Labeaume a qualifiée de «faux-fuyant» la raison invoquée par les syndicats selon laquelle les groupes d'employés municipaux comportent trop de particularités pour imposer la même solution à tous. «Ce qu'ils veulent, c'est de retarder l'échéance des vraies discussions. Parce qu'ils savent que les vraies discussions, c'est de partager le déficit des fonds de pension.» La Ville évalue actuellement le manque à gagner à 750 millions $.

Refus en bloc

Réunis en assemblée générale la semaine dernière, les cols blancs «ont unanimement refusé d'isoler l'un des éléments les plus importants de leur rémunération globale pour le négocier à part avec des groupes qui ont des conditions et des enjeux différents», a expliqué lundi matin le syndicat par communiqué.

Les professionnels brilleront aussi par leur absence. Avant de parler de tout aspect du monétaire, comme le régime de retraite, il faut d'abord régler le passé, insiste Sylvie Dolbec, présidente de l'Alliance des professionnels. Elle fait notamment référence à la révision des échelles salariales, toujours pendante.

«Ce qui nous a beaucoup refroidis, c'est l'attitude du maire par rapport à notre actuaire, qu'il refusait d'écouter, a ajouté Mme Dolbec. On a vu ça comme de l'antinégociation.»

Pour leur part, les policiers disent aussi avoir de «bonnes raisons de ne pas accepter votre invitation», écrit le président du syndicat, Bernard Lerhe, dans une lettre transmise à M. Labeaume lundi matin.

«Vous présentez souvent notre régime de retraite comme exceptionnel alors que dans les faits, vous bénéficiez d'un régime de retraite autrement plus généreux que le nôtre, un aspect que vous passez sous silence», soutient Bernard Lerhe, dans sa missive, en pointant le régime des élus municipaux.

En point de presse lundi, Régis Labeaume a demandé à M. Lerhe de cesser de prendre cet exemple. «Le régime de retraite des élus, je demande depuis deux, trois ans de le changer, alors qu'il arrête de répéter ça et qu'il écoute.»

Le regroupement des cadres de la Ville de Québec avait accepté l'invitation du maire à condition que les autres groupes y soient. Devant le refus des autres syndicats, la rencontre de vendredi est annulée.

Mais lundi, M. Labeaume a assuré qu'il reviendrait à la charge. «Je vais leur demander pendant les cinq prochaines années s'il le faut. On veut négocier. Je leur dis : "Ayez le courage de venir vous asseoir, de négocier et de penser aux payeurs de taxes".»

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