La retraite à 67 ans évoquée par Labeaume

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À sa sortie de la troisième et dernière «rencontre au sommet» prévue avec les syndicats, le maire Régis Labeaume a fait savoir qu'il souhaitait une autre réunion commune, alors que les représentants des employés pensent que l'heure est aux négociations à des tables distinctes.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Régis Labeaume entend non seulement repousser l'âge de la retraite des employés de la Ville de Québec, mais il veut qu'il soit le même pour tous, qu'il s'agisse d'un col blanc ou d'un pompier. Citant le modèle fédéral, il évoque même pour la première fois la retraite à 67 ans.

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Retraites anticipées possibles pour les employés de la Ville de Québec

Infographie Le Soleil

Au moment où s'est amorcée la ronde pour le renouvellement des conventions collectives, au printemps 2010, la Ville de Québec avait annoncé vouloir reporter l'âge de la retraite de 55 à 65 ans ou 35 ans de service.

Jeudi, le maire a été plus loin en avançant l'idée de la retraite à 67 ans à l'heure où il a fait de sa lutte contre le déficit des régimes de retraite sa priorité. À l'heure, aussi, où la réflexion sur l'âge de la retraite est généralisée, dit-il.

«Voyez-vous, le gouvernement fédéral vient de décider pour ses employés 67 ans. Là, il y a modèle, je trouve», a lancé M. Labeaume à l'issue d'une troisième «rencontre au sommet» avec les syndicats jeudi après-midi.

Dans son dernier budget en mars, le gouvernement fédéral a fait passer l'âge minimal de 65 à 67 ans pour encaisser ses prestations de la sécurité de la vieillesse. Cette mesure n'entrera toutefois en vigueur qu'en 2023.

Le chiffre de 67 ans n'a pas été abordé lors des discussions de jeudi. Mais en point de presse, le maire a pris lui-même l'exemple d'Ottawa.

«Pourquoi à la Ville on serait différent du gouvernement fédéral? Même les Français ont fait le pas malgré les manifestations», a ajouté le maire, estimant que les contribuables «sont écoeurés de payer».

Particularités

Mais hausser et harmoniser l'âge de la retraite de tous les employés ne s'annonce pas facile.

Un col bleu n'a pas le même métier qu'un policier. Un pompier n'est pas un col blanc et chaque type d'emploi a ses particularités, répliquent les syndicats en substance.

Des différences qui ne trouvent pas grâce aux yeux du maire de Québec. «Le problème est que le payeur de taxes, avec son taux de taxation, ça ne change pas. Lui, il paye à chaque année et il n'y a pas de particularité. On ne peut pas changer l'âge de la retraite et que ce soit différent d'un à l'autre», a poursuivi le maire.

Du côté des cols blancs, la vice-présidente du syndicat, Linda Bélanger, convient qu'un fonctionnaire peut prendre sa retraite sans pénalité à 55 ans ou après 35 ans de service. Mais cette situation est de plus en plus rare, dit-elle. «La retraite à 55 ans, c'était vrai il y a 15 ou 20 ans, mais plus aujourd'hui», a-t-elle soutenu en avançant que la moyenne est davantage de 60 ans.

L'âge de la retraite est l'un des principaux points que Régis Labeaume veut régler avec tous les syndicats à la fois. L'autre est l'épineuse question du déficit des régimes de retraite que la Ville veut partager à parts égales entre l'employeur et les syndiqués.

Déficit de 750 milions $

La troisième rencontre au sommet a d'ailleurs permis à la Ville et à ses syndicats de convenir de l'ampleur du déficit que la Ville évalue à 750 millions $. «On a atteint nos objectifs. On s'entend sur les mêmes chiffres», s'est réjoui M. Labeaume. Mais ce point semble bien être le seul sur lequel s'entendent la Ville et les chefs syndicaux réunis jeudi.

Aux yeux des cinq principaux syndicats, sauf les cols bleus qui ont boycotté l'exercice à trois reprises, cette rencontre était la dernière.

Les cols blancs, les pompiers, les policiers, les professionnels et le personnel de direction jugent que le reste des négociations doit se faire à des tables distinctes.

«On va être en attente de voir ce qui peut nous être proposé, mais on est peu optimistes quant à la pertinence de revenir à une table comme celle-là», a indiqué le président du syndicat des pompiers, Éric Gosselin, après la rencontre de jeudi.

Une conclusion que réfute Régis Labeaume. Il maintient que d'autres rencontres doivent se tenir et promet de plaider sa cause par lettre aux syndicats d'ici les Fêtes. «Je leur ai dit que je vais persister, que j'allais les inviter à revenir pour un certain nombre d'items» dont les fonds de pension et l'âge de la retraite.

Et si les syndicats répondent non? «Je vais persister. Je ne lâcherai pas parce que je suis convaincu qu'on est capable de régler les grands éléments. C'est absolument nécessaire.» À la blague, il a même dit qu'il allait «harceler» les syndicats jusqu'à ce qu'ils acceptent la tenue d'une quatrième «rencontre au sommet».

Retraites anticipées possibles pour les employés de la Ville de Québec

Cols blancs: 55 ans ou 35 ans de service

Cols bleus: 55 ans et 30 ans de service

Policiers: 55 ans ou 30 ans de service

Pompiers: 58 ans ou 30 ans de service

Professionnels: 32 ans de service ou 60 ans et 15 ans de service Valérie Gaudreau

Source : Conventions collectives en vigueur

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