«Qu'il fasse sa campagne électorale. Qu'il fasse ce qu'il a à faire», a tranché Mme Guérette à propos de M. Lemelin. «Pour le reste, on suit notre plan de match», a poursuivi la chef de Démocratie Québec.
Le retrait entouré de mystère de son candidat Charles-Eugène Bergeron pour l'élection partielle du 18 novembre n'y change rien: pas question de fusion pour Anne Guérette. L'actuelle élue indépendante de Vieux-Québec - Montcalm assure avoir une équipe solide en prévision des élections générales de 2013.
«Démocratie Québec est là pour rester. Il n'y a pas de changement.»
Le chef de Québec autrement, David Lemelin, n'est pas de cet avis. Selon lui, le fait que Démocratie Québec laisse tomber la partielle confirme ce qu'il a toujours soutenu. «Ce n'est pas un parti aussi bien structuré qu'on veut bien le laisser croire. Le seul parti crédible capable d'être une alternative à Équipe Labeaume est Québec autrement», dit-il.
M. Lemelin croit que le retrait de M. Bergeron est une étape de plus dans la «succession d'événements». «Il a fallu qu'elle [Anne Guérette] choisisse une solution créative de dernière minute: aller sur Facebook. Ça donne un candidat que les gens ont connu le soir même en une heure avant de voter. C'est hasardeux, ça fait pas sérieux.»
Jeudi, M. Lemelin a réitéré que la solution passe plutôt par la fusion des partis d'opposition. «La porte est toujours ouverte pour Mme Guérette. Elle connaît mon numéro.»
En persistant avec son propre parti, Anne Guérette «renforce la position de Régis Labeaume», estime-t-il. «Si elle venait avec nous, on réussirait à présenter aux gens de Québec un choix très clair entre A et B. Et non entre A, B, C, D, E», illustre-t-il.
Bertrand silencieux
L'avocat Jean-François Bertrand, qui avait offert son appui à Anne Guérette au début de la campagne électorale, a refusé jeudi de faire le moindre commentaire.
Denis L'Anglais, administrateur de Démocratie Québec, regrette bien sûr que son parti n'ait pas la chance d'expliquer ses points de vue à l'occasion de la campagne dans Saint-Rodrigue. «Ce n'est que remis à plus tard, à novembre 2013, se console-t-il. Tant mieux, ça nous donne le temps de nous structurer.»
Des règlements ont été rédigés, plus de 300 membres se sont inscrits et les autorisations au Directeur général des élections du Québec sont complétées, détaille M. L'Anglais. «Mais il reste encore pas mal de choses à faire!» note-t-il.
L'ancien président du conseil de quartier Vieux-Québec continuera de travailler pour que la structure du parti «soit fonctionnelle d'ici novembre 2013». Denis L'Anglais affirme toutefois se concentrer sur sa pratique d'avocat et ne pas cultiver d'ambition politique «pour l'instant».
Questionné jeudi, le maire Régis Labeaume a qualifié de «régie interne» ce faux départ de Démocratie Québec. «Ce n'est pas facile de trouver des candidats. Il n'y a rien de facile en politique, alors on va lui souhaiter bonne chance.»
«PAS D'INTÉRÊT PUBLIC», DIT GUÉRETTE
Anne Guérette estime que les gens de Québec n'ont pas à connaître les raisons derrière le retrait de son candidat Charles-Eugène Bergeron. «Ce n'est pas d'intérêt public», tranche la chef de Démocratie Québec.
«Je ne suis pas chef de l'opposition officielle. Ce qui s'est passé est de régie interne. La décision est prise et ce n'est pas un dossier d'intérêt public», a-t-elle soutenu.
«Je ne suis pas redevable à tous les citoyens de Québec sur quelque chose qui s'est passé à l'intérieur de notre parti.»
Jeudi, Mme Guérette a refusé d'expliquer davantage les raisons «d'ordre personnel» qui ont mené à la décision de retirer son candidat de la course à l'élection partielle du 18 novembre.
«Je n'embarque pas là-dedans. Par respect pour tout le monde, on ira pas plus loin que ça», a-t-elle tranché.
«Honnêtement, on a rien à ajouter en lien avec la décision qu'on a pris d'un commun accord, les administrateurs du parti et Charles-Eugène Bergeron.»
Anne Guérette assure aussi que ce faux départ pour sa jeune formation ne remet pas en question le mode de sélection des candidats.
Le 17 octobre, M. Bergeron a été choisi par un vote auquel ont participé 41 membres de Démocratie Québec lors d'une soirée d'investiture. M. Bergeron et un autre candidat, Daniel Lachance, se sont présentés aux membres avec un court discours suivi de quelques questions. La présentation a duré environ une heure au total.
«Ça ne remet pas en question nos valeurs d'investiture démocratique. On veut continuer de cette façon-là. C'est ce qui nous distingue des autres.»