Les architectes, ingénieurs, gestionnaires et partenaires ont travaillé tout l'été et s'activent encore à réviser les documents pour arriver à des soumissions moins chères que celles reçues en juin.
Le budget total du nouveau pavillon qui portera le nom du mécène Pierre Lassonde est de 90 millions $. Or les soumissions reçues des firmes Verreault, Pomerleau et EBC se chiffraient en moyenne à 75 millions $, uniquement pour la construction.
Trop cher pour le Musée, qui a décidé de tout reprendre l'appel d'offres pour dénicher un constructeur au futur pavillon dont l'ouverture était initialement prévue quelque part en 2014. Depuis, le chantier est arrêté sur Grande Allée.
En entrevue au Soleil en juillet, la directrice du Musée, Line Ouellet, disait souhaiter revenir avec un nouveau calendrier des travaux «à la fin de l'été».
Or tout indique que ce ne sera maintenant pas avant la nouvelle année.
«On le souhaite», a répondu Mme Ouellet hier lorsque questionnée sur la possibilité de relancer l'appel d'offres avant les Fêtes. Mais pas question de brusquer les choses, dit-elle du même souffle.
«Pour nous, le critère essentiel est la rigueur et ne pas faire les choses à une vitesse qui nous empêcherait de prendre les bonnes décisions», a expliqué Mme Ouellet à propos du délicat travail de révision toujours en cours. Revoir des plans devant des soumissions trop élevées pour une maison est compliqué, imaginez pour un Musée.
Tout a été revu, des matériaux utilisés jusqu'à la disposition de certains éléments prévus dans le programme fonctionnel et technique.
«Quand on a un projet avec les milliers de mètres carrés qu'on a, avec le degré de sophistication comme celui-là, ça demande du temps et, ce temps-là, on a décidé de se le donner», a poursuivi Mme Ouellet, qui cite Léonard de Vinci selon qui «la simplicité est la sophistication ultime».
Des firmes expérimentées
Line Ouellet assure que ces révisions à la baisse n'affecteront pas le concept de la firme OMA de l'architecte Ram Koolhass. En mars 2010, la firme néerlandaise a remporté avec la québécoise Provencher Roy + associés le concours international d'architecture pour son concept de bâtiment épuré, cubique et vitré.
«On a la chance exceptionnelle d'avoir la collaboration d'architectes d'une grande expérience avec beaucoup d'imagination», s'est réjouie hier la directrice du Musée. «OMA est une grande firme qui en a vu d'autres. Ce n'est pas la première, ni la dernière fois qu'une chose pareille leur arrive.»
Quant à Provencher Roy + associés, Mme Ouellet souligne qu'il s'agit d'une firme qui connaît «extrêmement bien les contraintes du Québec et les contraintes de notre marché de construction».
Hier, Line Ouellet ne s'est toutefois pas avancée sur le nouveau prix souhaité à la suite de cette révision. «On n'a pas fait le deuxième estimé. On n'est pas rendus à cette étape-là.» Chose certaine, 75 millions $, c'est trop sur un total de 90 millions $ prévus.
De ce montant, les gouvernements provincial et fédéral donnent chacun 33,7 millions $. L'homme d'affaires et mécène Pierre Lassonde a à lui seul fait un don de 10 millions $, alors que la Ville de Québec contribue pour 5 millions $. Enfin, la Fondation du Musée vise à aller chercher 22,6 millions $ du privé.
La campagne de la Fondation «va bon train», a aussi assuré Mme Ouellet selon qui un nouvel appel aux dons personnels sera lancé «d'ici quelques semaines».
Devis, révision, échéancier, financement : la directrice du Musée ne semble pas déstabilisée par ces imprévus et l'obligation de retourner à la table à dessin.
«J'ai la chance d'adorer l'architecture, alors je peux vous dire que, devant des plans, je ne suis jamais malheureuse», lance celle qui préfère voir dans la révision des documents d'appel d'offres une occasion d'arriver au meilleur projet possible.
«On dit souvent 100 fois sur le métier. Là on a droit à notre 100e fois. Et entre la 99e et la 100e fois, on continue à réussir à améliorer ce projet.»