David Duperron, un ancien d'Immostar qui travaille désormais à son compte, a identifié un terrain municipal à L'Ancienne-Lorette où il croit possible de construire des résidences et des commerces. Il ne veut pas dire où il se trouve, se contentant de dire que l'endroit «n'attire personne présentement» et qu'«il y a des risques au niveau environnemental».
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il veut s'entendre sur un prix raisonnable avant d'investir dans des tests qui donneront l'heure juste quant aux possibilités de développement. «J'ai le goût d'aller fouiller plus loin, d'investir beaucoup d'argent, mais pour ça j'ai besoin d'avoir un certain contrôle sur le terrain. Je ne veux pas aller tout vérifier et que je n'aie pas fixé les conditions déjà», fait valoir l'entrepreneur.
M. Duperron a déjà discuté avec l'administration de L'Ancienne-Lorette pour exposer sa vision et sa volonté de conclure une entente de gré à gré au lieu de passer par un appel d'offres public. La valeur du bien public convoité n'a pas encore été établie.
C'est pour faire les choses en bonne et due forme que le promoteur s'est inscrit au Registre des lobbyistes.
Le maire Loranger informé
Le maire Émile Loranger est au courant de ces démarches, qu'il qualifie d'«administratives». Il refuse, lui aussi, d'identifier le terrain, mais parle d'un «gros projet».
Les terrains vacants sont une denrée très, très rare à L'Ancienne-Lorette, petite ville remplie pratiquement à capacité maximale. Dans son plan métropolitain d'aménagement et de développement, la Communauté métropolitaine de Québec calcule d'ailleurs que le seul développement envisageable dans ce secteur provient de la transformation du tissu urbain existant.
La plupart des possessions de la Ville de L'Ancienne-Lorette se situent en bordure de la rivière Lorette. Certaines sont zonées parc, d'autres pas. C'est notamment le cas au bout de la rue Saint-Pierre, de l'autre côté du ruisseau Notre-Dame, où se trouve un terrain de soccer peu utilisé qui suscite les convoitises.
Serait-ce l'endroit visé? «La rue Saint-Pierre est un beau secteur qui intéresse beaucoup, beaucoup de monde», se contente de répondre le maire. Il nous invite à suivre les délibérations du conseil municipal pour connaître l'avancement du projet. «Moi, je ne commence pas les dossiers au début. Moi, j'embarque quand ils sont avancés, que les problèmes administratifs sont réglés, pis là, on en est à ce niveau-là», résume-t-il.
La Loi sur les cités et villes n'interdit pas les ventes de gré à gré, tant qu'il y a de l'argent à la clé. Le greffier doit cependant «publier mensuellement un avis portant sur les biens d'une valeur supérieure à 10 000 $ qui ont été aliénés par la municipalité autrement que par enchère ou soumission publique. L'avis doit décrire chaque bien et indiquer, en regard de chacun, le prix de l'aliénation ainsi que l'identité de l'acquéreur».