Sécurité à l'hôtel de ville: les élus craintifs, dit Labeaume

«Est-ce qu'on doit substituer la sécurité au symbole... (Photothèque Le Soleil, Steve Deschênes)

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«Est-ce qu'on doit substituer la sécurité au symbole démocratique? C'est une bonne question et je ne veux pas conserver pour moi cette information-là. Je veux que ceux qui sont concernés, les élus et la population, le sachent. On a le droit de se poser la question», a indiqué jeudi Régis Labeaume.

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(Québec) Le maire Régis Labeaume assure que des élus sont craintifs quant à la sécurité dans la salle du conseil. «Il y a un malaise, ça, c'est certain. Et tout le monde a le droit de l'exprimer», dit-il.

Les conseillers qui ne se sentent pas en sécurité à l'hôtel de ville pourront donc partager leurs craintes ce matin à 10h lors d'un comité plénier sur les mesures de sécurité à l'hôtel.

Le chef de la police de Québec, Michel Desgagné, viendra présenter le contenu de rapports dans lesquels il est recommandé d'exclure les citoyens des séances du conseil municipal.

Jeudi, le maire Labeaume a assuré ne pas encore avoir fait son nid quant au contenu des rapports qui, dit-on, font état de dangers potentiels.

«Est-ce qu'on doit substituer la sécurité au symbole démocratique? C'est une bonne question et je ne veux pas conserver pour moi cette information-là. Je veux que ceux qui sont concernés, les élus et la population, le sachent. On a le droit de se poser la question.»

Image de la ville

Pour l'instant, le maire Labeaume plaide donc pour la réflexion collective avant de passer au vote dans une future séance du conseil municipal.

Sur le plan de l'image de la ville, toutefois, le maire est plus ferme : il craint «l'effet CNN».

«En même temps, s'il arrive quelque chose, qu'il y a de la violence et qu'on fait le tour du monde avec CNN, on ne sera pas ben ben avancés. Qu'est-ce qui va se passer avec l'image de la Ville? Faut qu'on pense à ça aussi», a dit M. Labeaume.

En point de presse jeudi, il a aussi fait allusion à la bousculade entre les membres de son cabinet et un citoyen lors d'une séance où était adopté un règlement encadrant le droit de manifester à Québec.

En parallèle, des dizaines de manifestants avaient envahi le hall d'entrée de l'hôtel de ville. «Ce qui s'est passé n'est pas dramatique, mais si tout le monde était entré dans la salle, qu'est-ce qui se serait passé? a demandé le maire jeudi. C'est surtout ça, la question.»

Régis Labeaume dit aussi ne pas vouloir de détecteur de métal à l'entrée de l'hôtel de ville. «Moi, l'image m'horripile, j'ai l'impression d'une démocratie à l'américaine. Ça ne me tente pas l'image que le monde, pour entrer au conseil, passe devant un détecteur de métal», a-t-il laissé tomber.

Menaces

Questionné sur sa propre sécurité, Régis Labeaume a dit avoir personnellement été victime de menaces par le passé. Il a d'ailleurs raconté qu'il y a deux mois, alors qu'il prenait sa marche matinale, il a été invectivé par quatre personnes dans une voiture.

«Il y a du monde qui m'ont menacé de m'arracher la tête. Mais j'ai appris, d'où je viens, qu'on crie plus fort qu'eux autres», a-t-il lancé. «J'ai dit : "Viens-t'en, je vais te l'arracher moi aussi"!» a raconté le maire qui admet avoir été téméraire dans sa réplique.

«J'ai fait le jars, mais j'avais hâte qu'ils partent. Je ne feelais pas gros dans mes culottes», a-t-il lancé en riant. «Ça arrive rarement. Honnêtement, je ne peux pas dire que ça arrive souvent, mais celle-là, je l'ai trouvée spéciale.»

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