Ce scénario apparaît dans la nouvelle version du plan de développement des prochaines années pour le plateau centre de Sainte-Foy, présentée jeudi matin aux élus en comité plénier.
Le futur parc Andrée-P.-Boucher sera créé par l'ouverture des jardins derrière l'ancien hôtel de ville, aussi baptisé édifice Andrée-P.-Boucher, révèle la nouvelle mouture du plan particulier d'urbanisme (PPU). En octobre, la Ville avait dévoilé les grandes lignes de ce «plan ouest» qui élabore sa «vision d'ensemble» sur le plan de l'immobilier, de l'aménagement urbain et des transports.
La version plus raffinée présentée confirme que le réaménagement le plus spectaculaire de ce plan à long terme touchera le quadrilatère entre le chemin des Quatre-Bourgeois et le boulevard Hochelaga entre la route de l'Église et Henri-IV.
C'est là, sur les terrains de l'école De Rochebelle, que l'anneau de glace couvert à 100 millions$ aura pignon sur la future rue Andrée-P.-Boucher. L'anneau, qui sera annexé à un centre sportif rénové, a été déplacé par rapport à la première version du PPU qui le situait à l'actuel anneau extérieur. Ce nouveau complexe sportif sera voisin d'un marché public couvert.
Cette activité fera donc de la rue Andrée-P.-Boucher le coeur de ce secteur où se mélangeront édifices institutionnels, sportifs et résidentiels.
Actuellement fermés au public, les jardins de l'ancien hôtel de ville viendront se fondre dans une esplanade prévue entre la route de l'Église et les terrains de l'école De Rochebelle où la Ville projette d'ici quelques années construire des immeubles à condos.
«Il faut ouvrir ça pour la population, estime le conseiller municipal responsable de l'aménagement du territoire», François Picard. Dans Le Soleil de mercredi, il disait voir un symbole important dans la dénomination d'une nouvelle rue pour la mairesse décédée en 2007. «Il faut penser qu'il y aura la bibliothèque Monique-Corriveau à côté, rappelle M. Picard. Il faudra ouvrir la bibliothèque vers cette place et les jardins qui seront à l'arrière. Les citoyens veulent des milieux de vie, des endroits pour s'asseoir, lire.» Les travaux sont présentement en cours pour aménager la bibliothèque Monique-Corriveau de la rue de l'Église dans l'église Saint-Denys-du-Plateau.
Négociations
Mais les projets présentés dans le PPU Sainte-Foy ne sont pas pour demain. Il reste des éléments à confirmer, notamment la négociation avec l'école De Rochebelle pour le développement immobilier souhaité.
Même chose pour le quartier militaire du boulevard Hochelaga que la Ville souhaite densifier. La Défense nationale, propriétaire des terrains, veut y construire un manège militaire.
«J'ai essayé de leur expliquer que ce n'était peut-être pas l'idéal, mais eux, ils m'expliquent que c'est l'aboutissement de 10 ans de démarches bureaucratiques et qu'ils ne veulent pas perdre leur chance», a relaté Régis Labeaume jeudi. «Dans le fond, on a pris le parti de travailler avec eux et faire en sorte que ce soit bien fait.» Le maire de Québec a vu des esquisses du futur édifice «pas trop gros» et «très correct» entouré d'une haie, a-t-il décrit.
Les modifications au plan de réaménagement présenté jeudi tenaient compte de consultations en ligne tenues sur le PPU préliminaire l'automne dernier auxquelles ont participé 525 citoyens. Une rencontre avec les conseils de quartier aura lieu le 30 octobre. Elle sera suivie d'une séance d'information et d'une consultation publique les 1er et 8 novembre.
Pas que des heureux...
Les citoyens du quartier Saint-Yves déplorent que les bâtiments pourront dorénavant atteindre 10 étages dans l'îlot Lapointe sur le boulevard Laurier. «On avait dit que les édifices n'atteindraient pas 10 étages», a ragé jeudi Frédéric Paul, porte-parole du comité des citoyens du quartier Saint-Yves.
Il estime que les résidants de ce quartier de maisons unifamiliales voisin du CHUL ont été floués par la Ville de Québec entre la première version du plan particulier d'urbanisme de l'automne et sa nouvelle mouture présentée. Non seulement les 10 étages seront permis sur le boulevard Laurier, mais les bâtiments pourront contenir un peu de commerces, déplore M. Paul, qui aurait souhaité du 100 % résidentiel.
Le conseiller François Picard a au contraire estimé jeudi que la Ville a écouté les citoyens. «On se concentre sur le résidentiel», a-t-il dit en précisant que les bâtiments seront en gradation de 10 à 4 étages du côté des maisons. Seuls des commerces de 200 mètres carrés seront permis, comme un dépanneur ou salon de coiffure, a soutenu le conseiller. «Ce ne seront pas des commerces qui amèneront du transit et du camionnage», a-t-il assuré.