«Même l'an passé, il n'y avait pas autant de monde au départ», s'est réjoui hier Régis Labeaume, quelques minutes avant le coup d'envoi du Grand Prix cycliste de Québec. «C'est magnifique. Vraiment, on a ça dans le sang! C'est francophone, c'est européen. C'est le côté gauche, je présume, de notre bipolarité culturelle.»
Jouant ces jours-ci les hôtes pour le maire de Bordeaux, Alain Juppé, le maire de Québec a insisté sur la visibilité procurée par la course sur le Vieux Continent. «Dites-vous que pour l'Italien ou le Français, c'est vendredi soir, il arrive chez lui, il s'ouvre une bonne bouteille de rouge, il est devant la télé, et il voit Québec. C'est un scénario qui est conçu pour lui montrer toutes les beautés de Québec. Je ne sais pas comment ça coûterait pour faire la commercialisation de notre ville. Le rapport qualité-prix, et surtout les retombées par rapport à l'investissement, c'est incroyable.»
Le premier magistrat de Québec estime que la ville tire son épingle du jeu en présentant le Grand Prix le vendredi, alors que la métropole montréalaise a droit à la course du dimanche. «C'est pour ça qu'on le voulait le vendredi. Parce qu'on pensait que les retombées étaient encore plus importantes», dit-il, en référence à la retransmission européenne du vendredi soir.
Cette visibilité est toutefois réclamée par bien des villes internationales, elles aussi alléchées par l'effet carte postale venant avec une retransmission d'une compétition cycliste de haut niveau. L'Union cycliste internationale se montre ainsi gourmande, et le vélo nécessite des déboursés publics non négligeables.
Mais les amateurs de cyclisme ne débourseront jamais un sou pour voir défiler des coureurs professionnels sur la Grande Allée, martèle le maire de Québec. «Ça va rester gratuit, c'est sûr. Quand on voit les sondages, les gens sont d'accord à 90 % avec les événements. On constate aujourd'hui ce pourquoi ils sont d'accord. On s'est jamais posé la question. Ce sera toujours gratuit. C'est certain.»
Succès de foule, le Grand Prix cycliste de Québec a néanmoins renoncé cette année à soumettre une candidature pour accueillir un championnat du monde. Trop dispendieux aux yeux du maire et du promoteur, Serge Arsenault. À ce chapitre, Régis Labeaume ne bronche pas. Même si les spectateurs affluent en haute ville. «On a décidé que c'était trop cher. S'ils veulent venir, on va les inviter... pour moins cher», tranche-t-il.
Manque hivernal
Le Grand Prix cycliste marque la fin d'un été mouvementé pour la capitale. Le maire ne voit d'ailleurs pas comment il pourrait ajouter un événement à la grille. «On en a plus, de temps creux. On a trouvé trois journées dans l'année où il ne se passe rien, mais on est là-dessus.»
Régis Labeaume entend plutôt poursuivre les démarches de la Ville pour peaufiner l'offre événementielle au coeur de la saison froide. «Il y a les fêtes hivernales, qu'il faut organiser. Il faut avoir une réflexion là-dessus.» Ce printemps, la ville de Québec avait d'ailleurs confié un contrat au Cirque du Soleil pour jongler avec différents concepts hivernaux pour animer la saison froide.