Aide de 8,5 millions $ exigée pour le projet de cinéma dans Saint-Roch

Le promoteur du futur cinéma, Christian Yaccarini, estime... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Le promoteur du futur cinéma, Christian Yaccarini, estime que sans un coup de pouce de l'État, le projet ne pourra pas se réaliser, car il n'est pas rentable.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Si la Ville et le gouvernement québécois tiennent à la venue d'un cinéma au centre-ville de Québec, ils devront mettre la main dans leur poche et en sortir 8,5 millions $.

«On va, après la campagne électorale, déposer des demandes pour que le cinéma soit financé 50 % par l'État et 50 % par le privé», a révélé jeudi Christian Yaccarini, pdg de la Société de développement Angus et promoteur du projet de cinéma dans Saint-Roch.

Et 50 %, cela représente 8,5 millions $, car le projet total est évalué à 17 millions $. Le promoteur s'engage à trouver les fonds en provenance du privé et à assumer les coûts d'opération. Mais sans un coup de pouce de l'État, le projet ne pourra pas se réaliser, car il n'est pas rentable, tranche M. Yaccarini.

Cette conclusion est apparue inévitable en juin. L'étude de marché a réservé de mauvaises surprises. «Québec est une petite ville, somme toute. En termes de bassin de population [desservie par le cinéma], c'était moins qu'on avait figuré», admet M. Yaccarini.

La présence du Clap, à Sainte-Foy, du Quartier, dans Montcalm, et des salles de Cinéplex, en banlieue, rétrécit la «zone primaire» qui contient la clientèle la plus rapprochée du futur cinéma, qui est cruciale pour sa survie.

Coût total de 17 millions $

«On avait beau jouer n'importe comment», le résultat était le même. Le taux moyen d'occupation des salles de cinéma au Québec est de 12 %, indique-t-il. Même en misant sur un taux de 15,5 %, «on n'arrivait pas. Financièrement, ça ne marchait pas. Ça nous a un peu déprimés».

Le promoteur a donc réduit ses ambitions et rétréci son projet. Alors qu'il planifiait 7 à 10 salles en mars, il parle maintenant de cinq salles comprenant en tout 695 sièges. Une autre étude visait à établir les coûts de construction et les équipements cinématographiques nécessaires. Pour ces derniers, incluant les installations acoustiques, la facture grimpe à 5 millions $. Ajoutons la construction du bâtiment, et on atteint le chiffre de 17 millions $.

Christian Yaccarini est convaincu qu'un cinéma dans Saint-Roch est «une nécessité» et contribuera à la revitalisation d'un quartier qui, selon lui, demeure très fragile. «Ça vaut la peine pour l'État d'investir 8,5 millions $ pour toutes les retombées directes et indirectes», plaide-t-il.

Ce sont les arguments qu'il compte faire valoir auprès des autorités politiques. Il est conscient que les gouvernements n'ont pas l'habitude de subventionner les cinémas. Mais il souligne que le cinéma Excentris, dont il est le président, a déjà bénéficié d'une aide gouvernementale. La SODEC a octroyé un prêt de 4 millions $, «une première», et la Ville de Montréal a consenti une aide de 2,7 millions $. Mais cette fois-ci, ce n'est pas d'un prêt dont il a besoin, mais d'une subvention. Pour lui, c'est possible, tant que l'organisme financé est à but non lucratif.

Pour le moment, aucune démarche officielle n'a été entreprise ni au municipal ni au provincial. «On attend de savoir qui va être le prochain ministre de la Culture», indique le promoteur, qui compte cependant profiter de la campagne électorale pour promouvoir son projet... et chercher des appuis.

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