Un projet de condos jugé démesuré à Sillery

Jacques Rhéaume, Adrienne richard, Marie Desrochers et Daniel... (Photo Le Soleil, Patrice Laroche)

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Jacques Rhéaume, Adrienne richard, Marie Desrochers et Daniel Coulombe n'en reviennent pas que la Ville de Québec ait accepté une construction d'un tel gabarit à côté de chez eux, en plein coeur de l'arrondissement historique de Sillery.

Photo Le Soleil, Patrice Laroche

(Québec) «Nous, on nous demande des permis pour tout. Et eux, ils nous arrivent avec ça? C'est complètement aberrant! Architecturalement parlant, ça n'a rien à voir.» Comme plusieurs de ses voisins, Daniel Coulombe n'en revient pas que la Commission d'urbanisme de Québec ait donné son feu vert à un projet de quatre condos ultramodernes en plein coeur de l'arrondissement historique de Sillery.

L'immeuble en question est situé sur la rue Louis-H.-Lafontaine, à deux pas de la côte de Sillery. De la cour de la coquette résidence que M. Coulombe habite avec sa conjointe Marie Desrochers, les quatre condos en construction sont impossibles à manquer. «C'est le mur de Berlin!» ironise Mme Desrochers qui habite la même maison depuis 27 ans.

Mais le promoteur Hype construction a eu l'aval de la Commission d'urbanisme et du ministère de la Culture. Le zonage est respecté, le chantier est avancé et les quatre futures unités sont en vente au coût de 525 000 $.

Dans son rapport dont les citoyens mécontents ont obtenu copie lundi, la Commission d'urbanisme indique en effet que le «nouveau bâtiment respecte généralement les objectifs et les critères» en vigueur pour assurer le respect du patrimoine bâti du quartier.

Injoinction envisagée

Cette réponse ne satisfait pas les 18 voisins qui avaient fait part de leurs récriminations dans une lettre datée du 19 juillet. Ils envisagent de demander une injonction pour exiger l'arrêt des travaux dans cette rue composée majoritairement de cottages blancs des années 30 et 40.

«Des duplex normaux, on aurait accepté. Mais c'est la démesure du gabarit dans un secteur qui est censé être protégé», déplore M. Coulombe.

Marie Desrochers mentionne aussi les critères auxquels doivent se plier les citoyens d'un tel arrondissement historique. «Ça prend une autorisation pour changer un auvent.» Un voisin a dû payer 22 000 $ de plus pour que les fenêtres qu'il voulait changer soient conformes.

«Mais on autorise ce bâtiment», se désole-t-elle.

Le cas de ces condos devient d'autant plus pertinent, dit-elle, dans le contexte où l'arrondissement historique est sous la loupe avec la vente récente d'un terrain des religieuses de Jésus-Marie à un promoteur immobilier.

Tout est conforme

Du côté du ministère de la Culture, la responsable des communications, Annie LeGruiec, indique qu'à la suite de la plainte reçue, un représentant s'est rendu sur place.

«On s'est assuré que les travaux en cours respectent les plans et ils étaient respectés sur tous les points», a-t-elle expliqué.

À la Ville de Québec, le porte-parole Jacques Perron a aussi rappelé que le projet a été jugé conforme par toutes les instances, un processus «sévère», dit-il.

Joint mardi, l'entrepreneur Nicolas Constantin de Hype Construction a préféré ne pas commenter.

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