«Je ne veux pas dire que c'est banal, mais c'est une chose qui se produit fréquemment», a commenté l'architecte connu pour son franc-parler.
«Il n'y a pas de drame là. Au contraire, moi, le message que ça me dit est qu'il y a au moins quelqu'un qui sonne une cloche avant que le chantier soit à mi-chemin», a poursuivi M. Bourassa en entrevue au Soleil.
Mardi, on apprenait que la direction du Musée a eu une mauvaise surprise en prenant connaissance des soumissions pour la construction du pavillon prévu pour 2014 et dont le budget total est de 90 millions$.
>La firme Verreault a soumissionné à 73,5 millions$, Pomerleau à 73,9 millions$ et EBC à 76,3 millions$. Des montants beaucoup trop élevés pour le Musée, qui a décidé de reprendre le processus d'appel d'offres alors que la construction devait commencer ces prochaines semaines.
M. Bourassa convient que la situation actuelle entraînera des retards de quelques mois, mais ce n'est rien de dramatique pour celui qui invite à «résister» à ce qu'il appelle «le syndrome de l'inauguration», qui, dit-il, incite à «tourner les coins ronds».
Une équipe du Musée travaillera cet été à réviser la liste des besoins pour l'appel d'offres le tout à l'automne.
André Bourassa ne croit pas que la révision à la baisse affectera le concept de l'architecte Rem Koolhaas, de la firme néerlandaise OMA, retenue à la suite d'un concours international. Avant de toucher à l'apparence, beaucoup de choses pourront être revues, dont des aspects techniques, mécaniques et électriques du bâtiment. «Des fois, on trouve des solutions qui tiennent à peu de choses et le résultat final ne s'en trouvera pas altéré.»
Le président de l'Ordre des architectes n'est par ailleurs pas étonné de la proximité des montants avancés par les firmes soumissionnaires. Si à peine 400 000$ séparent les prix de deux constructeurs, c'est signe que les plans et devis sont bien faits, estime-t-il. «Quand on va vite et on est pressés, là, on a des soumissions qui ne veulent rien dire, car les écarts sont trop grands. Ça, on haït bien ça.»
Les gouvernements provincial et fédéral contribuent chacun pour 33,7 millions$ au futur pavillon. La Fondation du Musée a pour sa part comme objectif d'aller chercher 22,6 millions$ du privé.
Au cabinet de la ministre de la Culture, mercredi, l'attachée politique de Christine St-Pierre, Marie-Hélène Paradis, a aussi estimé que le Musée a bien fait de reprendre le processus d'appel d'offres. «Le budget n'est pas élastique. Il est là et il faut qu'il soit respecté. Les actions que le Musée prend sont responsables.»
Labeaume plus volubile
Le maire Régis Labeaume, qui avait dit mardi que la situation du Musée n'était «pas de ses affaires», a pour sa part été un peu plus volubile mercredi.
«Oui, je le sais, on met de l'argent», a-t-il commenté à propos des 5 millions$ accordés par la Ville pour l'agrandissement du Musée. «Mais on va les laisser planifier leur affaire. Je trouve qu'ils sont très responsables de refuser et de retourner en appel d'offres.»
Les firmes Verreault, Pomerleau et EBC n'ont pas commenté mercredi.
Avec la collaboration de Stéphanie Martin