Manque d'ambulances à Saint-Augustin: «aberrant» dit le syndicat des paramédicaux

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Le président du Syndicat des travailleurs du préhospitalier région de... (Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le président du Syndicat des travailleurs du préhospitalier région de Québec estime que ça fait longtemps que le territoire de Saint-Augustin est mal desservi.

Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Jean-François Néron
Le Soleil

(Québec) Le syndicat des paramédicaux constate depuis plusieurs années déjà que la desserte ambulancière de Saint-Augustin ne répond plus à son développement démographique et économique.

«Pas d'ambulance, c'est un peu aberrant. Ça fait longtemps qu'on dit que c'est mal desservi.» La position du président du Syndicat des travailleurs du préhospitalier région de Québec est sans appel. Il livrait ce commentaire après avoir appris dans Le Soleil de mardi que les élus de Saint-Augustin réclament une ambulance à temps plein sur leur territoire.

«Avant, ils étaient 5000, 10 000 personnes. Maintenant, ils sont le double, il y a un parc technologique, des installations sportives, des habitations pour personnes âgées», énumère le président pour montrer à quel point la ville s'est développée au cours des dernières années.

Ambulance rarement à son poste

Des chiffres compilés par la Ville entre le 1er avril 2004 et le 31 mars 2009 estiment à 15 minutes 32 secondes le temps moyen de réponse pour les accidents cardiorespiratoires. En comparaison, le temps moyen de réponse répertorié dans les arrondissements (à l'exception de Sainte-Foy) et à L'Ancienne-Lorette varie entre 6 minutes 9 secondes et 9 minutes 44 secondes. C'est jusqu'à deux fois plus rapide qu'à Saint-Augustin.

La cause des longs temps de réponse est expliquée dans une résolution adoptée le lundi 9 juillet par le conseil municipal. Il est attribué, entre autres, au fait que l'ambulance située à l'intersection du chemin Sainte-Foy et de l'autoroute Robert-Bourassa, devant desservir Saint-Augustin, est rarement à son poste. C'est que le véhicule d'urgence stationné à cet endroit est le premier appelé en cas de transport interhospitalier.

Faute d'octroyer à court terme une ambulance à Saint-Augustin, M. Jobin suggère de doubler le nombre d'ambulances à certains postes plutôt que de multiplier le nombre de postes à divers endroits dans la ville. «Comme on sait que l'ambulance est rarement à son poste à Sainte-Foy, on pourrait en mettre une deuxième et ainsi s'assurer qu'il y en ait une disponible plus souvent.»

Celui-ci a aussi voulu réagir à un commentaire de l'Agence de la santé qui laissait entendre, hier, que «d'autres régions [que celle de Québec] sont davantage en crise». «Le ministre Bolduc a reconnu en 2011 que Québec était dans le top cinq des régions problématiques en province.»

Le président espère toujours que l'Agence accorde à la Coopérative des techniciens ambulanciers du Québec les quatre ambulances supplémentaires qu'elle a réclamées au printemps pour ajouter à sa flotte, qui en compte 26. «Il y a d'autres problèmes, principalement dans la couronne nord de Québec à Val-Bélair, Saint-Émile et Lac-Saint-Charles», précise M. Jobin. Une décision devrait être rendue à l'automne

Délais deux fois plus long à l'île d'Orléans

Le problème des résidants de l'île d'Orléans est double. Non seulement le temps moyen de réponse à des transports de priorité 1 était de 21 minutes 25 secondes en 2010-2011, mais l'Agence de la santé refuse de poster une ambulance à l'entrée du pont.

Le problème est connu depuis des années, confirme Lina Labbé, mairesse de Saint-François, municipalité située à la pointe est de l'île. Dans son patelin, les temps de réponse peuvent dépasser les 30 minutes.

Le poste ambulancier le plus près est situé à l'intersection Saint-David-Clémenceau, à Beauport. Pour les élus, la solution au problème des temps de réponse trop longs aurait été de poster une ambulance dans l'île, à l'entrée du pont. «On a eu plusieurs rencontres et on nous a clairement indiqué que ça ne se ferait jamais. Donc, on oublie ça», souligne la mairesse. Ce qui ne règle rien.

Dans un rapport sur les services d'urgence déposé en mars dernier, les maires des six municipalités, qui comptent jusqu'à 10 000 habitants en haute saison, écartent aussi la possibilité de former des premiers répondants bénévoles. Une structure qui ne serait pas viable en raison du coût qu'elle engendre et de la charge de travail qu'elle demande, indique-t-on.

Cours de premiers soins

Dans l'attente de meilleures solutions, les élus ont mis en place des cours de premiers soins, incluant la réanimation cardiaque, pour mieux outiller ses citoyens. «Nous avons même dû refuser des participants tellement c'était populaire», s'enthousiasme Mme Labbé. D'une première formation pour 18 personnes, les municipalités sont passées à quatre en peu de temps. Et encore, la demande est trop forte.

Un service de premiers répondants satisfaisant

Des municipalités consultées se disent satisfaites du service ambulancier, étant donné qu'elles se sont dotées d'un service de premiers répondants. C'est le cas de Sainte-Brigitte-de-Laval et de Saint-Gabriel-de-Valcartier. Les personnes ainsi formées pour prodiguer les premiers soins peuvent intervenir rapidement en attendant que les paramédicaux arrivent sur place. La formation de premiers répondants est une solution appropriée dans les municipalités en périphérie des centres urbains pour améliorer le temps de réponse aux victimes.

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