La requête a été officialisée dans une résolution du conseil municipal adoptée le lundi 9 juillet. Les élus écrivent avoir remarqué des «lacunes importantes dans la desserte de la ville» et que «la situation est inacceptable parce que dangereuse pour la viedes contribuables».
Des chiffres compilés entre le 1er avril 2004 et le 31 mars 2009 estiment à 15 minutes 32 secondes le temps moyen de réponse pour les ACR sur le territoire de Saint-Augustin. En comparaison, le temps moyen de réponse répertorié dans les arrondissements (à l'exception de Sainte-Foy) et à L'Ancienne-Lorette varie entre 6 minutes 9 secondes et 9 minutes 44 secondes. C'est jusqu'à deux fois plus rapidequ'à Saint-Augustin.
Huit minutes cruciales
Selon la Ville, ce temps de réponse augmente les risques de décès. Elle tient compte du fait que l'Agence de la santé stipule elle-même que la défibrillation hospitalière doit être appliquée à l'intérieur de huit minutes et les manoeuvres de base faites dans les quatre premières minutes suivant l'ACR.
La situation décriée par Saint-Augustin pour les arrêts cardiorespiratoires peut s'appliquer à tout autre appel d'urgence de «priorité 1», c'est-à-dire lorsqu'il y a un risque immédiat de mortalité comme dans certains accidents.
Ce n'est pas sans rappeler celui qui a coûté la vie au jeune Dannick, 13 ans, heurté par un poids lourd le 26 juin, rue Jean-Juneau, alors qu'il circulait à vélo. Dany Tremblay et Linda Caron sont parmi ceux qui sont venus au secours de l'adolescent. Ils ont noté que l'ambulance a pris beaucoup «trop de temps» avant d'arriver sur place.
Vérification faite, le véhicule d'urgence était sur les lieux 17 minutes après avoir été avisé. Sans dire qu'une arrivée plus hâtive aurait permis de faire la différence dans ce cas précis, on peut se demander si une intervention plus rapide ne pourrait pas parfois sauver des vies. «Je ne déménagerai jamais à Saint-Augustin», a lancé M. Tremblay après avoir été informé par Le Soleil du temps moyen de réponse pour la ville.
Transports interhospitaliers
Toujours selon la résolution de Saint-Augustin, le temps moyen de réponse est élevé parce que l'ambulance qui dessert la ville est rarement stationnée à son poste à l'intersection du chemin Sainte-Foy et de l'autoroute Robert-Bourassa ou à son poste de remplacement, coin Chauveau et de l'Ormière.
Dans l'étude réalisée par un consultant indépendant à la demande de Saint-Augustin, il est noté que cette ambulance est souvent appelée à faire des transports interhospitaliers. Cela a aussi pour effet, selon cette même étude, d'augmenter le temps de réponse moyen pour Sainte-Foy. Il est estimé à 15 minutes 17 secondes.
La Ville espère que l'Agence de santé de la capitale lui octroiera une ambulance. Une décision devrait être rendue à l'automne. Il a été impossible d'obtenir les commentaires du maire Marcel Corriveau, actuellementen vacances.