White Birch rouvrira l'usine Stadacona le 2 août

Sur le même thème

Les travailleurs de l'usine Stadacona se réjouissaient de... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

Agrandir

Les travailleurs de l'usine Stadacona se réjouissaient de l'annonce de Papiers White Birch, vendredi matin.

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

Marie-Pier Duplessis
Le Soleil

(Québec) L'interminable attente des employés de Papiers White Birch à Québec est presque terminée. L'usine Stadacona, fermée depuis plus de sept mois, se remettra en marche le 2 août prochain.

C'est du moins l'objectif que se sont donné la direction de l'usine, le syndicat des travailleurs et le gouvernement du Québec. Ils en ont fait l'annonce officielle vendredi matin, en conférence de presse, sur les terrains de la papetière.

La grande question demeure toutefois de savoir combien d'ouvriers seront appelés à rentrer pour la grande réouverture. L'objectif à long terme est de redonner du boulot aux 600 travailleurs mis à pied, mais personne n'a offert de garantie à cet effet.

Le directeur général de l'usine, René Savard, a cependant assuré qu'un plan de relance plus détaillé allait être dévoilé d'ici les sept prochains jours.

Modernisation

Comme l'annonçait Le Soleil la semaine passée, Investissement Québec consentira un prêt de 35 millions$, remboursable sur 15 ans, avec intérêts, devant servir à la modernisation des machines. À cela s'ajoute une aide de 3,7 millions$ de la part du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale pour la formation de la main-d'oeuvre.

Cette aide était toutefois conditionnelle à ce que l'entreprise s'engage à investir 46 millions$ afin d'augmenter la productivité et la compétitivité de l'usine. On parle de miser davantage sur le papier annuaire et de nouveaux créneaux comme le papier à blancheur améliorée.

«On n'est pas là pour maintenir artificiellement en vie des usines de papier journal qui n'ont pas d'avenir», a soutenu le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Clément Gignac, qui a confirmé qu'il se présenterait dans une circonscription de la région de Québec aux prochaines élections. Une grande partie de la députation libérale de la région était d'ailleurs présente pour l'annonce.

«Pire dossier en 30 ans»

Le vice-président national du Syndicat des communications, de l'énergie et du papier (SCEP), Renaud Gagné, s'est réjoui de pouvoir enfin tourner la page sur ces négociations «extrêmes», qui s'éternisaient depuis février 2010. «Ça fait trente quelques années que je fais ça et c'est le pire dossier en 30 ans.»

M. Gagné convient que ses membres ont perdu beaucoup en acceptant des «concessions énormes», que ce soit du côté des travailleurs pour qui le salaire, réduit de 10 %, sera gelé sur neuf ans, ou celui des retraités, qui verront leurs régimes de retraite fondre de 30 %. «Y'a personne qui va être heureux de ça, mais entre ça et zéro...» Il signale par ailleurs que si l'usine était demeurée fermée, les retraités auraient plutôt perdu l'équivalent de la moitié de leurs prestations.

Rappelons que Papiers White Birch est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers et que la réouverture de l'usine de Québec devrait permettre la transaction des actifs de l'entreprise au consortium Black Diamond.

Papiers White Birch compte également deux autres usines sur le territoire québécois, à Gatineau et à Rivière-du-Loup, où travaillent environ 400 employés. Ceux-ci essuieront des pertes d'environ 15 % pour les travailleurs et 10 % pour les retraités.

Une pensée pour Daniel Larouche

La disparition du représentant syndical Daniel Larouche, décédé il y a quelques mois dans un accident de VTT, n'est pas passée sous silence au moment d'annoncer le dénouement des deux ans et demi de tractations chez Papiers White Birch. «Ma première pensée va pour le confrère Larouche, qui est décédé et qui serait tellement heureux d'être ici pour cette annonce», a mentionné le vice-président national du SCEP, Renaud Gagné. M. Larouche a travaillé à l'usine de papier pendant plusieurs années avant de se joindre à la permanence syndicale en 1994. Il a perdu la vie alors qu'il explorait un terrain à Saint-Ferréol-les-Neiges en prévision de sa retraite, qu'il devait prendre d'ici deux à trois ans.

Une bonne nouvelle, dit Labeaume

La relance prévue le 2 août de l'usine Stadacona de Papiers White Birch est une bonne nouvelle pour la capitale, estime le maire Régis Labeaume. «C'est beaucoup d'achats de biens et services. Et il y a des humains qui vont travailler», a soutenu le maire de Québec, hier matin. «On n'a pas besoin de s'occuper du terrain. C'est une bonne nouvelle aussi», a ajouté Régis Labeaume. La Ville entend finalement revoir le dossier de la vente de la vapeur de l'incinérateur à Papiers White Birch, qui générait 10 millions $ par année dans les coffres de Québec.

Avec la collaboration de Samuel Auger et d'Annie Morin

 

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer