«Évidemment, je serai intéressée à soumettre ma candidature», a lancé jeudi Mme Guérette en entrevue au Soleil, quelques minutes avant d'aller enregistrer son parti Démocratie Québec au Directeur général des élections.
Dans le contexte, le terme intéressée tient de l'euphémisme. À l'écouter, on sent que la conseillère a envie de se mesurer à Régis Labeaume aux élections de novembre 2013.
Mais ce sera aux militants du jeune parti de décider dans les prochains mois, dit-elle.
D'ici là, la conseillère indépendante du district Vieux-Québec-Montcalm depuis 2007 sera la chef de Démocratie Québec, qui compte déjà 300 membres, dit-elle, sans toutefois donner les noms de ceux qui l'appuient. Silence aussi sur l'identité des candidats potentiels que Démocratie Québec souhaite présenter dans les 21 districts. «Tous les candidats seront choisis par les membres du parti.»
Anne Guérette se fait aussi discrète sur l'éventualité de s'adjoindre un colistier, un candidat qui, élu dans un district, lui laisserait sa place en cas de défaite à la mairie. Le règlement de la Ville permet un colistier depuis 2009. «Tout ça fera partie des discussions qu'on aura avec les membres du parti.»
Plus de démocratie
Démocratie Québec, Anne Guérette dit le fonder pour plus de «démocratie», justement. Ce qui manque depuis l'arrivée de Régis Labeaume au pouvoir, juge-t-elle. «La démocratie sera tout le temps et partout au coeur de nos projets», dit Anne Guérette, en mentionnant les valeurs de «responsabilité, de transparence, de concertation, d'intégrité et de rigueur».
Des valeurs qui, selon l'élue, se traduisent par «l'obligation de discuter avant de décider». «Présentement, on décide et on écoute après», lance-t-elle.
Concrètement, elle aimerait voir la Ville mettre sur pied un «budget participatif» où les investissements sont en partie décidés par les citoyens.
Pas de fusion
Le mot démocratie, il est aussi au coeur du discours du nouveau parti Québec autrement, dont le chef David Lemelin a été annoncé le 6 juin.
Anne Guérette ne cache pas avoir discuté ces derniers mois avec la nouvelle formation fondée par l'ex-président de la Commission de la capitale nationale, Pierre Boucher. «La dernière fois que j'ai parlé à M. Lemelin, c'était pour m'annoncer qu'il était candidat à la mairie», résume la résidante du quartier Montcalm. «Pour l'instant, je suis mon plan de match pour gagner. Pour l'instant, il n'y a pas de fusion», assure cette architecte, diplômée de l'Université Laval et détentrice d'une maîtrise en génie du bâtiment de l'Université Concordia. Un parcours que rien ne destinait à la politique.
Mais elle a pris goût aux affaires publiques, notamment comme administratrice au conseil de quartier de Montcalm entre 2002 et 2007.
Aujourd'hui, Anne Guérette estime que sa formation et son éducation, mélange de rationnel et d'artistique, l'aide dans sa façon de mener ses dossiers. «Mon père était un homme d'affaires et ma mère était une artiste», résume celle qui était d'ailleurs accompagnée jeudi de ses deux fils, Olivier, sept ans, et Alexis, neuf ans. Deux enfants qu'elle considère comme une «inspiration». «Je fais de la politique aussi pour leur avenir, ils sont ma source de motivation première», dit la conseillère qui est avant tout une mère. En attendant de s'attaquer au maire.
Québec autrement «toujours ouvert»
La porte de Québec autrement est «toujours ouverte» pour Anne Guérette, selon David Lemelin, chef du jeune parti qui craint la division du vote d'opposition.
«À deux reprises, elle m'a demandé de venir avec elle, mais chaque fois, j'ai dit qu'il faut réunir les forces d'opposition», explique David Lemelin en entrevue. «S'il y a division du vote, c'est extrêmement difficile mathématiquement», poursuit celui qui a aussi tenté de son côté de convaincre Anne Guérette de se joindre à Québec autrement.
«Je n'ai pas eu une porte fermée à double tour, mais c'est assez évident qu'elle avait envie de faire ses choses. En même temps, vive la démocratie! lance-t-il. Au bout du compte, on ne peut pas souhaiter que quelqu'un ne se présente pas au municipal.»
Pour le conseiller indépendant Yvon Bussières, qui sera candidat sous la bannière de Québec autrement en novembre 2013, une fusion est encore possible.
«Il reste encore un an, alors il pourrait y avoir fusion», dit-il en rappelant que le seul autre parti d'opposition, Défi Québec, a récemment fusionné avec Québec autrement. Mais tout tient beaucoup à la personnalité d'Anne Guérette, estime son collègue.
«Connaissant Anne, je ne serais pas surpris qu'elle souhaite aller en élections, quitte à ce qu'il y ait des alliances après les élections. Mais la porte est toujours ouverte», conclut Yvon Bussières.
Hier, le maire Régis Labeaume n'a pas commenté la fondation du parti d'Anne Guérette. «On va attendre d'être rendus là. On parlera de politique aux élections en attendant, il faut gérer la Ville.» Valérie Gaudreau