Alors que la soirée s'annonçait comme l'une des plus calmes des dernières années, la Saint-Jean-Baptiste a pris une tournure dramatique aux petites heures du matin. Un homme a été gravement blessé dans une bagarre survenue en dehors du périmètre de sécurité (voir texte en page 5).
Encore une fois cette année, les gens venus célébrer dans la capitale ont dû se soumettre à l'un des neuf points de contrôle du périmètre de sécurité érigé par le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), dans le secteur de la colline parlementaire.
Appuyés par la Sûreté du Québec et quatre firmes de sécurité, des centaines de policiers étaient à pied d'oeuvre pour s'assurer qu'aucune boisson alcoolisée ne pénètre à l'intérieur du large périmètre. La majorité des fêtards se sont soumis sans rechigner aux fouilles corporelles ainsi qu'aux vérifications des sacs et des bouteilles.
Atmosphère «très bonne»
Chargé de la sécurité des plaines d'Abraham, le président de Sécurité Sirois, Martin Sirois, a indiqué au Soleil que l'atmosphère était «très bonne» et moins tendue qu'en 2011.
La fête nationale n'a pas non plus été obscurcie par le conflit étudiant, comme certains l'avaient appréhendé. Tout au plus pouvait-on y croiser de fiers détenteurs de carrés rouges. Vers 22h, une quinzaine de personnes ont manifesté sur Grande Allée en scandant «Réinvestissez sinon ça va péter!», leur valant autant les injures que les acclamations des passants. «Allez toutes chier, c'est la Saint-Jean (sic)!» leur a lancé une jeune femme, doigt d'honneur bien en vue. Ces quelques «carrés rouges» se sont dispersés sans que les forces de l'ordre n'aient eu à intervenir.
Bien que la police de Québec avait annoncé que les casseroles seraient tolérées dans le périmètre de sécurité, la firme Sécurité Sirois a décidé de les interdire sur les plaines d'Abraham, comme tous les autres possibles «projectiles», a justifié Martin Sirois.
Des reproches au maire
Arrivés en plus grand nombre en fin de soirée, plusieurs jeunes se sont réunis loin des regards des policiers pour consommer leur alcool interdit, pendant que d'autres usaient de stratagèmes pour conserver leurs bouteilles de bière et flasques d'alcool. Diverses personnes questionnées par Le Soleil ont une fois de plus reproché au maire Régis Labeaume d'avoir brisé l'ambiance de la Saint-Jean.
«Patriote ou colon, moi, j'étais à mi-chemin, mais je n'ai jamais foutu la marde», a lancé Louis-Charles, en référence à la campagne publicitaire du Mouvement national des Québécois. «À soir, y'a du monde, mais c'est juste plate.» L'agent de voyage de la Rive-Sud disait regretter les «bonnes vieilles Saint-Jean» sur les Plaines. Il s'était loué une chambre au Château Frontenac en pensant pouvoir y faire la fête et veiller jusqu'aux petites heures, mais il est rentré plus tôt que prévu, plutôt amer desa soirée.
«C'est vraiment bien organisé et c'est bien fermé», a pour sa part observé Virginie Maselli, une jeune Suisse en visite à Québec. «Justement, on a dû être contrôlé et même les valises [ont été fouillées] avant que l'on se rende à notre hôtel», raconte la touriste. «Ils ne laissaient pas non plus passer notre taxi», a remarqué son amie Stéphanie, originaire de l'Outaouais.
Par ailleurs, les policiers se sont faits plus discrets dans le Vieux-Québec qu'à l'intérieur du périmètre de sécurité. L'accès était cependant interdit au parc de l'Esplanade et au parc Montmorency, où des barrières et des agents de sécurité refoulaient les flâneurs. Une décision du gouvernement fédéral, selon un agent de la société McKinnon. «Ils avaient tout brisé l'an passé», a-t-il souligné.
Avec la collaboration de Marie-Pier Duplessis et Dominique Hardy