Reste à voir si ce réchauffement dans le climat entre le maire et les syndicats durera, ont toutefois dit les chefs syndicaux après environ six heures de discussions à l'ancien hôtel de ville de Sainte-Foy. D'ici là, une autre rencontre est prévue pour le 24 septembre.
«Le maire s'est aperçu qu'il avait un mea culpa à faire un peu là-dedans et on repart sur des nouvelles bases. Reste à voir si ça va se refléter dans les négociations futures», a réagi André Lamoureux, vice-président du syndicat des pompiers après la rencontre.
Mea culpa? «Un peu», a aussi estimé la présidente de l'Alliance des professionnels de la Ville de Québec, Sylvie Dolbec. Si, comme tous les autres chefs syndicaux, elle était sceptique devant l'exercice, elle aussi noté un changement de ton de la part du maire qui entretient des relations houleuses avec les syndicats. «On le sent sincère, mais c'est par les actes qu'on sera en mesure de bonifier.»
Cette rencontre qui se tenait à l'invitation de Régis Labeaume n'avait pas pour objectif de négocier les conventions collectives. Le maire avait plutôt promis d'écouter le point de vue d'une quarantaine de représentants de douze syndicats sur divers enjeux de la Ville et sur le climat général.
Promesse tenue, selon Linda Bélanger, vice-présidente du syndicat des cols blancs qui estime que cette rencontre tombait à point. «C'était dû parce que le maire a toujours voulu garder ses distances avec les employés, mais disons qu'il ne se gênait pas trop pour nous varloper sur la place publique. J'ai senti qu'il y a un effort de son côté et qu'il veut continuer. L'avenir va nous le dire, mais au moins il y a une porte ouverte.»
Régis Labeaume est lui aussi sorti visiblement satisfait de ces discussions qu'il qualifie de «franches, honnêtes et transparentes».
«Ils m'ont tout dit, mais il l'ont bien dit, a-t-il résumé. Ce sont des humains normaux qui ont une job à faire et ils ont peut-être mieux compris la mienne en même temps. Moi, j'ai trouvé ça agréable.»
Le maire souhaite lui aussi que cette apparente harmonie perdure. «Je les comprends, moi-même je me demande si ça va durer. Les gens étaient sceptiques. Je leur ai souhaité et je me suis souhaité bonne chance.»
La clé jusqu'à la prochaine rencontre du 24 septembre? «Un peu de repos et des petites vacances, ça devrait aider», a conclu le maire.
Seul chef syndical à avoir boudé l'invitation, le président des cols bleus Marc-André Dufour a maintenu sa position, estimant que son syndicat, en grève du temps supplémentaire depuis le 24 mai, «part de loin avant que la confiance ne revienne».
Jeudi, M. Dufour a réitéré son souhait de rencontrer le maire, mais seul et non à une table de 40 convives. «Si on a de quoi à se dire, je suis ouvert.»
Lehre fait valoir ses points
Si la rencontre de jeudi avait surtout comme objectif de permettre au maire Labeaume d'entendre les syndicats sur les enjeux et le climat général à la Ville de Québec, le président de la Fraternité des policiers, Bernard Lehre, a réussi à obtenir des réponses sur des points précis.
Au premier chef, un montant de 15 millions $ économisé sur les fonds de pension qui auraient été utilisés à d'autres fins ces dernières années. « Je suis satisfait parce que le maire a dit qu'il allait faire des corrections», a-t-il commenté en qualifiant la réponse obtenue de «petite victoire».
Autre point: l'arbitrage. Régis Labeaume a souvent dit ces derniers temps que le mode actuel à un arbitre favorisait systématiquement les syndicats. Faux, fait valoir M. Lehre. «Le maire m'a dit qu'il allait revérifier les statistiques depuis les règlements. Alors, c'est positif aussi.»