Attention: comme tous les partis politiques municipaux, celui du maire Régis Labeaume tire l'essentiel de ses revenus non pas de ses contributeurs, mais de la Ville elle-même.
Explications: à Québec et à Montréal, les partis municipaux ont droit à une allocation publique, un peu comme celle que le Directeur général des élections verse aux partis provinciaux. Dans les villes de 50 000 habitants et plus, les partis bénéficient en outre d'un remboursement pour des frais de recherche et de secrétariat, remboursement accordé en vertu de la Loi sur les cités et villes, rappellent les rapports publiés mardi.
Dans l'un d'eux, on apprend qu'Équipe Labeaume a pu compter, en fait, sur des revenus totaux de 644 475 $ en 2011.
Quelque 499 000 $ ont été versés par la Ville à Équipe Labeaume au titre d'allocations reçues pour les votes obtenus au dernier scrutin, ainsi qu'au titre du «remboursement pour frais de recherche et de secrétariat».
Il faut noter que ces «remboursements pour frais de recherche et de secrétariat» sont à l'origine d'un vrai et gros différend entre les municipalités et le gouvernement québécois.
En avril, le ministère des Affaires municipales du Québec avait estimé que les frais de recherche et de secrétariat des partis municipaux ne pouvaient être remboursés à même les fonds des villes - pas pour l'utilisation politique qu'ils en feraient en tout cas.
Les villes contestent l'analyse du ministère. «Ça veut dire que tout le monde au Québec est dans le champ. Les élus sont outrés et offensés au plus haut point», avait dénoncé Éric Forest, président de l'Union des municipalités du Québec.
«On a l'impression que quelqu'un a voulu ternir la réputation de la Ville, alors que nous respectons les règles à la lettre», avait lâché le maire Régis Labeaume.