Voilà deux lundis que l'entraîneur et ses joueurs pratiquent dans les herbes hautes sur le terrain de soccer municipal situé à l'angle de la route de l'Aéroport et de l'avenue de la Montagne, à Val-Bélair. Pas très intéressant pour le sport, en plus du «danger important de blessures aux chevilles et aux pieds» que cela implique, note Hébert Henry. Les courriels de plaintes qu'il a envoyés à la Ville de Québec n'ont rien donné, souligne-t-il.
En fait, ce ne sont pas les employés de Québec qui tondent les pelouses. Depuis quelques années, la Ville donne ces travaux en sous-traitance au privé, explique le porte-parole Jacques Perron. Dans le cas présent, «ce qui est arrivé, c'est que l'entrepreneur a soumissionné et a remporté des contrats pour plusieurs lots à travers la ville, mais malheureusement, il en a pris trop pour ses capacités».
L'entrepreneur en question, Gazon court Pier-Luc Olivier de Saint-Agapit, a donc décidé d'abandonner ses contrats d'entretien de terrains de l'arrondissement de La Haute-Saint-Charles pour se concentrer sur les autres lots dont il a la responsabilité, notamment dans La Cité, où il a un contrat de 249 104,40 $ pour trois ans.
En attendant de lancer un nouvel appel d'offres pour les terrains concernés dans La Haute-Saint-Charles, la Ville de Québec livrera leur entretien à différentes entreprises, tout en donnant priorité aux terrains sportifs, souligne M. Perron. La situation devrait revenir à la normale d'ici la fin de la semaine. Selon lui, ce genre d'imprévu est «inhabituel».
En conséquence de la rupture de son contrat de 86 748 $, l'entreprise de Pier-Luc Olivier, Gazon court, devra défrayer un cautionnement qui correspond à environ 10 % de la valeur du contrat.
«Trop dur, trop physique»
Joint mardi matin, M. Olivier jure qu'il a tout essayé pour honorer son contrat, en vain. C'est qu'il n'est pas parvenu, malgré sa confiance et ses efforts, à embaucher assez d'employés pour s'acquitter de la tâche. «Je suis allé voir la Ville et j'ai expliqué : "Je ne suis pas capable de trouver d'employés. Je ne peux pas faire de miracles, y en a pas! J'ai eu de la misère, c'est l'enfer!"» Il a affiché plusieurs offres, dont certaines se trouvent encore sur le Web, fait appel à Emploi-Québec, mais rien à faire. «Ils trouvent ça trop dur, c'est trop physique, y a toujours de quoi!»
Il estime qu'il a été «gentleman» : «Au lieu de faire ça pendant trois ans, de mettre de l'argent dans mes poches et de me sauver... Je n'ai pas fait une cenne, j'ai perdu 10 000 $ et je leur ai dit : donnez-le à un autre entrepreneur, ça va être mieux fait.»
Ses pertes vont au-delà du montant du cautionnement puisqu'il a effectué des travaux de nettoyage en début de saison, des travaux pour lesquels il ne sera pas rémunéré puisque le contrat est brisé. «C'est moi qui ai dit : je lâche, payez-moi pas, je veux pas faire de chicane avec personne.»