Le Louis M. Lauzier, un navire de la Garde côtière canadienne, participe au Rendez-vous naval de Québec. C'est une occasion pour le policier, membre de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), de faire connaître son équipe.
Gilles Tremblay est responsable de l'Équipe des enquêtes sur la sûreté maritime, qui réunit des agents de la GRC, de la Sûreté du Québec (SQ) et un équipage de la Garde côtière.
«On a 3800 km de frontières maritimes au Canada, explique-t-il, et à venir jusqu'en 2005, la GRC n'avait rien sur l'eau.»
Le corps policier a alors créé quatre équipes de sûreté maritime, trois dans les Grands Lacs et une pour la voie maritime et le golfe du Saint-Laurent, qui utilise le Louis M. Lauzier.
«Notre mandat principal est la sécurité nationale, la protection des frontières, explique l'officier. Ça inclut l'importation de drogue, l'immigration illégale, la lutte au crime organisé, bref toute infraction criminelle commise dans le milieu maritime.»
Deux équipes de quatre policiers, dont un de la SQ, et de neuf marins se relaient sur le navire. Le navire est en activité de la fin avril jusqu'à la mi-décembre. Il lui est impossible d'opérer en hiver parce que sa coque d'aluminium n'a pas été conçue pour résister aux glaces.
Évidemment, avec un territoire qui s'étend de Cornwall jusqu'à Blanc-Sablon, le Louis M. Lauzier ne peut pas être partout à la fois. Une grande partie de son travail consiste donc à se faire connaître des milieux maritimes, des plaisanciers comme de la marine commerciale, qui sont autant d'yeux et d'oreilles sur le fleuve.
«On est avant tout des agents de renseignements, on regarde les infrastructures maritimes et on a développé tout un réseau de contacts dans les installations portuaires.»
Selon les périodes de l'année, les opérations se concentrent dans la voie maritime ou bien dans le golfe. «Notre première mission de la saison est de surveiller les activités de chasse aux phoques, explique l'agent. On veille à faire observer la loi si jamais il y avait des confrontations.»
Normalement la chasse se déroule sur la banquise, mais «depuis deux ou trois ans la banquise est pratiquement inexistante, a-t-il observé. Les phoques mettent bas sur les rives, et la période de chasse dure beaucoup moins longtemps».
Avant d'occuper son poste à l'Équipe de sûreté maritime, Gilles Tremblay était bien loin du fleuve. Il était l'agent responsable de l'équipe intégrée du service des frontières à Saint-Georges de Beauce.
Avant de présenter sa candidature pour le travail maritime, il n'avait jamais vraiment navigué. Quatre ans plus tard, il ne regrette rien. Au contraire.
«C'est le meilleur emploi que j'ai eu, dit-il. Les gens paient pour voir des baleines, mais nous, les baleines viennent nous voir au travail. On est comme un enfant dans un magasin de bonbons ici, même si les conditions ne sont pas toujours faciles. J'ai vu des vagues de quatre mètres et des vents de 50 noeuds. J'ai déjà vu des tempêtes où la moitié de l'équipage était malade. Je ne serai jamais vraiment un marin, conclut-il, mais on en apprend toujours.»
Le maître à bord du Louis M. Lauzier
Le maître à bord, sur le Louis M. Lauzier, c'est le capitaine Dany Boudreault, originaire de l'ancienne ville de La Baie, au Saguenay. C'est lui qui voit à ce que tous rentrent de mission sains et saufs.
«Mon mandat est de mener le bateau à bon port, dit-il, et de veiller à ce que mon équipage soit en sécurité. Tout l'équipage est ici à titre volontaire. On évalue le niveau de risque des missions avec les policiers, et j'en discute aussi avec mon équipage.»
Le navire commandé par le capitaine Boudreault est un patrouilleur semi-hauturier, construit en 1976, d'une longueur de 37,1 mètres, capable d'une vitesse maximale de 13,5 noeuds et d'une vitesse de croisière de 12,5 noeuds. Il transporte aussi une embarcation rapide de type Zodiac de 7,5 mètres.
Le Louis M. Lauzier servait auparavant à la recherche en océanographie. C'est sa dernière année au service de l'Équipe de sûreté maritime. Il sera remplacé par un des nouveaux navires de classe Hero, construits au chantier Irving de Halifax.
«Ça sera un bateau neuf, même si on aurait aimé qu'il offre plus de commodités», observe-t-il. L'équipage sera en effet un peu plus à l'étroit. La construction des navires devait répondre à des spécifications de vitesse, de poids et bien sûr de budget. Il y aura moins de cabines et de salles de bains que sur le Louis M. Lauzier, mais le nouveau navire aura une coque d'acier, plus forte et moins bruyante, et il pourra atteindre une vitesse de pointe de 25 noeuds, en eaux calmes, soit deux fois plus que le navire actuel.