Alors qu'il allait jeudi vanter les charmes de Québec, finaliste pour le titre de ville la plus «intelligente» au monde, Régis Labeaume a eu droit à une entrée en matière d'un tout autre ordre lors d'une entrevue publique à l'Institut Polytechnique à Brooklyn.
«Nous avons reçu beaucoup de courriels de gens qui veulent en savoir plus sur le conflit, les émeutes avec les droits de scolarité. Pouvez-vous prendre deux minutes pour nous expliquer ce qui se passe à Québec?» a lancé d'entrée de jeu le cofondateur du Forum international des villes intelligentes, Louis Zacharilla.
Réponse du maire: les suites du mouvement des indignés, le fameux Occupy, référence connue dans la Grosse Pomme.
«Je pense que c'est la queue d'Occupy. C'est occupons ci, occupé cela», a illustré M. Labeaume, selon qui le conflit actuel a en somme bien peu à voir avec la simple question de l'éducation.
«C'est une protestation profonde de la mondialisation, a-t-il poursuivi. Ça prend la couleur des frais de scolarité en ce moment dans la province. C'est la façon dont je vois ça.»
C'est la première fois que le maire de Québec commente le climat au Québec. Encore mercredi, il a dit au Soleil que le sujet n'était «pas sa responsabilité». «Je ne m'en mêle pas», a-t-il répondu.
Jeudi, sur la scène d'un auditorium, la question était toutefois plus difficile à esquiver.
L'intervieweur Louis Zacharilla a aussi eu le flair de poser une autre question délicate pour Régis Labeaume: le fameux retour des Nordiques.
«Il y a un commissaire qui a son bureau sur l'Avenue of the Americas. C'est pas mal proche d'ici, je crois que M. Bettman n'aimerait pas m'entendre parler de ça dans sa propre ville!» a répondu M. Labeaume.
Pour l'instant, Québec construit son amphithéâtre, a-t-il indiqué au public de toutes les origines. «Et peut-être que les Coyotes seront disponibles dans une couple de semaines. On ne sait jamais!» a-t-il lancé.
Régis Labeaume a été interviewé sur la scène avec Carl Viel, pdg de Québec International. La rencontre visait à faire un survol de la candidature de Québec, finaliste au titre de «communauté la plus intelligente» sur le plan de l'innovation, de la place de la technologie et de la créativité.
Jeudi, le maire et M. Viel ont parlé de plusieurs projets de Québec comme le réseau Zap, les firmes de jeux vidéo. On a aussi appris que le projet de Place technoculture, ces larges écrans projetés dans le jardin de Saint-Roch, pourrait commencer dès septembre.
Le président de Beenox, Dominique Brown, et Vincent Routhier de SAGA Film planchent actuellement sur le concept.
La ville la plus intelligente de l'année sera annoncée vendredi après-midi à Brooklyn.
Québec est en compétition avec Oulu en Finlande, Taichung City à Taiwan, les villes américaines d'Austin et de Riverside et les canadiennes Saint-Jean et Stratford.
>> LU
«Je n'aurais jamais pensé venir à New York pour manger de la luzerne avec tant d'enthousiasme.» Il était facile de «lire» jeudi la satisfaction sur le visage de l'attaché de presse de Régis Labeaume, Paul-Christian Nolin, lorsqu'il a enfin pu dîner en milieu d'après-midi. La vie en mission à l'étranger n'est pas toujours idéale pour le guide alimentaire et une boîte à lunch destinée aux délégués du Sommet des villes intelligentes à Brooklyn a fait le bonheur de M. Nolin. Dans la boîte : crudité, humus, pita et une impressionnante quantité de luzerne qui aurait fait déborder un panier du Jardin mobile. Une portion typiquement américaine... même dans la luzerne.
>> VU
La sécurité digne d'un chef d'État autour du maire de New York, Michael Bloomberg, qui s'est adressé aux participants du colloque du NYC Global Partners portant sur les méthodes pour enrayer la corruption dans les municipalités. Au moins six «armoires à glace» veillaient au grain. Il faut dire que diriger l'une des plus grandes métropoles du monde et être parmi les hommes les plus riches des États-Unis avec une fortune personnelle de 20 milliards $, ça donne une tout autre couleur au métier de maire...
>> ENTENDU
Le son des casseroles sur Broadway. Lors d'une petite promenade autour de l'incontournable Times Square mercredi soir, le son caractéristique des manifestations étudiantes au Québec se mélangeait à la folie urbaine permanente de ce populaire carrefour. Difficile de dire combien ils étaient avec leurs carrés rouges et leurs chaudrons à faire écho aux marcheurs du Québec, mais assez pour se faire escorter par une ribambelle de policiers, la majorité à pied aussi, sous le regard pour le moins intrigué des passants.