«Arbre-serpent» en voie d'extinction

L'«arbre-serpent», une oeuvre de Sylvain Michaud, est menacé... (Photohèque Le Soleil, Erick Labbé)

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L'«arbre-serpent», une oeuvre de Sylvain Michaud, est menacé par l'enfouissement des fils électriques sur la rue Sainte-Claire.

Photohèque Le Soleil, Erick Labbé

Annie Morin
Le Soleil

(Québec) L'«arbre-serpent», une oeuvre d'art montée sur un poteau électrique dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, est menacé par le chantier d'enfouissement des fils de la rue Sainte-Claire.

Vincent Poirier, un piéton qui a pris le faux reptile en affection, vient de lancer une page Facebook pour éviter que l'oeuvre aboutisse aux rebuts. «Quotidiennement depuis sa confection, ce poteau joue la vedette aux yeux des passants et des touristes, pique la curiosité des gens et fait la joie des enfants du quartier. Je considère que ce genre d'attrait est un réel atout pour la Ville de Québec et doit impérativement être protégé», écrit le jeune homme.

En entrevue au Soleil, l'habitant de la basse ville raconte avoir assisté à la conception de l'«arbre-serpent» «de A à Z» alors qu'il empruntait la rue Sainte-Claire pour aller étudier en haute ville. Il croit qu'il faut «alerter le quartier» et les autorités municipales de sa disparition prochaine.

Son créateur, Sylvain Michaud, est flatté par l'initiative. Lui-même a bien tenté de savoir ce qu'il adviendrait de son oeuvre auprès des travailleurs du chantier, démarré l'an dernier, mais ces derniers n'avaient pas de réponse à fournir. Hydro-Québec enfouit les fils électriques et la Ville de Québec refait les canalisations de la rue Sainte-Claire avant de la transformer en rue partagée.

Couper et réinstaller

Selon M. Michaud, il serait possible de couper l'«arbre-serpent» à sa base pour y insérer une grosse vis et le réinstaller à la fin des travaux, cet automne. «Je l'ai fait pour les citoyens et j'aimerais qu'on le remette aux citoyens», dit-il.

C'est en 2010 que l'artiste, qui a aussi peint un zèbre à l'oeil orange sur sa porte de garage, s'est attaqué au poteau qui embarrassait le trottoir et gâtait son point de vue. Pendant trois semaines, il s'est appliqué à le recouvrir d'écailles de cuir pour l'orner ensuite de salamandres et de fleurs colorées. Chaque année depuis, il nettoie et huile le cuir pour qu'il reste beau.

Habitant juste en face, M. Michaud a vu des gens admirer son oeuvre, la «coller», se faire photographier à côté à toute heure du jour et de la nuit. «C'est ma plus belle paie», dit-il, encore surpris du respect des passants pour l'art urbain.

Le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste n'a pas entendu parler d'un mouvement pour sauvegarder l'«arbre-serpent» et n'a donc pas pris position. L'heure est plutôt aux réjouissances de voir disparaître les fils électriques et les poteaux qui entravent les trottoirs, fait valoir Mathieu Houle-Courcelles.

La Ville de Québec ne s'occupe pas du dossier non plus. Hydro-Québec, qui est le «gestionnaire» de l'équipement, n'était pas en mesure de nous dire, hier, quel sort est réservé au poteau. Des vérifications se font à l'interne.

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