Conseils de quartier: la réforme inachevée

Annie Morin
Le Soleil

(Québec) Si l'objectif de la réforme des conseils de quartier était de stimuler la participation des citoyens, alors c'est raté, disent plusieurs représentants sortants ou réélus.

Seize élections sur une possibilité de 28 ont eu lieu depuis le début d'avril. Selon les quartiers, entre 5 et 75 personnes ont assisté à l'assemblée générale annuelle. Dans 13 cas, il y avait moins de 30 participants dans la salle, alors que les quartiers comptent entre 6000 et 30 000 habitants.

«C'est un paradoxe de dire que ce sont toujours les mêmes personnes qui s'impliquent, de vouloir faire du renouveau et de ne pas mettre les efforts» pour susciter des vocations, dit Denyse Trudel, membre du conseil de quartier du Plateau, qui s'est réuni jeudi soir. Pour annoncer la rencontre, deux annonces ont été publiées dans les journaux dans les semaines précédentes, et une brochure a été distribuée aux portes deux jours avant. Ce qui est nettement insuffisant, selon elle.

Seize résidants du Plateau se sont présentés selon le décompte fourni par la Ville de Québec. Cinq ont été élus; quatre étaient déjà en poste. «On a eu moins de monde que l'année passée», se désole Mme Trudel, qui s'attendait à une offensive publicitaire à la grandeur de la ville.

Selon les nouvelles règles adoptées par l'administration Labeaume, huit postes d'administrateurs (quatre hommes, quatre femmes) font l'objet d'élections et trois autres peuvent être cooptés, c'est-à-dire nommés par les administrateurs élus, dans chacun des quartiers. Alors qu'il fallait auparavant manifester son intérêt deux semaines à l'avance, les candidatures spontanées sont désormais acceptées.

Onze personnes ont ainsi pu intégrer les rangs de l'un ou l'autre des conseils de quartier. À peine 5 des 16 entités s'étant déjà réunies ont toutefois réussi à faire le plein d'élus. Un autre quart a obtenu de justesse le quorum de cinq administrateurs.

Deux se retrouvent même avec huit postes vacants. Dans Notre-Dame-des-Laurentides, quatre des cinq personnes présentes se sont fait élire, mais ce n'était pas suffisant pour avoir le quorum.

Les élections devront donc être reprises dans les deux mois. Dans le quartier des Jésuites, à Charlesbourg, les huit membres ont tiré leur révérence et personne ne s'est présenté pour prendre leur place. En attendant la reprise du vote, les administrateurs sortants ont accepté de parer aux urgences. Bernard Brassard, ex-secrétaire, a vanté hier son équipe, mais évoqué plusieurs dossiers litigieux pour expliquer la désaffection généralisée.

Au moins un autre cas du genre est à prévoir. Même si l'assemblée générale du Vieux-Québec-Cap-Blanc-Colline-Parlementaire a lieu seulement mardi, il est d'ores et déjà acquis que les huit membres ne solliciteront pas de nouveau mandat.

Mobilisation difficile

Même dans un quartier comme le Vieux-Limoilou, traditionnellement plus facile à mobiliser, l'assistance était moindre cette année. Sophie Duchaine, la présidente réélue, avait fait exprès de ne pas organiser d'activité spéciale en marge pour tester la popularité de la nouvelle formule. Après avoir attiré 19 participants seulement, elle envisage le retour de l'animation l'an prochain.

Dans le quartier Montcalm, plutôt militant lui aussi, 24 personnes étaient présentes. Ce qui fait dire à Lise Santerre, présidente réélue, que la réforme a eu pour effet de «brasser pas mal d'affaires pour pas grand-chose». Son groupe a d'ailleurs proposé à l'administration Labeaume de poursuivre la réflexion sur l'utilité et le fonctionnement des conseils de quartier. Pour l'instant, il n'y a pas eu de réponse.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer