Les cols bleus en quête d'un mandat de grève générale

Le président du Syndicat des employés manuels de... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Le président du Syndicat des employés manuels de la Ville de Québec, Marc-André Dufour, et le conseiller syndical SCFP, André Plante

Le Soleil, Yan Doublet

Samuel Auger

Samuel Auger
Le Soleil

(Québec) En furie contre le directeur général de la Ville de Québec, les cols bleus réclameront mardi un mandat de grève générale auprès de leurs membres. À l'origine de l'étincelle: un document confidentiel obtenu par le syndicat où sont invoquées des privatisations, des abolitions de postes et des coupes dans les services aux citoyens.

«On veut un mandat de grève et on pense bien l'avoir», a lancé vendredi le président du Syndicat des employés manuels de la Ville de Québec, Marc-André Dufour. «C'est une question de vie ou de mort, et on va se battre.»

Le ton du syndicat était dur vendredi matin envers la Ville de Québec. Le syndicat déclare-t-il la guerre à son employeur? «C'est le message à envoyer...» a convenu M. Dufour.

«Ça fait plus d'un an qu'on retient notre monde... Là, c'est parti», a ajouté le négociateur syndical Denis Plante. «On n'a plus le choix. On ne peut pas comme syndicat continuer à négocier avec quelqu'un qui ne nous respecte pas et qui manque de transparence, quelqu'un qui parle des deux côtés de la bouche en même temps!»

L'assemblée générale a été convoquée pour mardi après-midi et s'étirera en soirée. «On s'en va chercher des mandats de grève, c'est clair, et on ne va pas chercher des mandats de grève pour rien», a précisé Denis Plante.

«S'il y en a qui pensent qu'on est juste un syndicat de verbiage et de parole, eh bien, ils vont faire un saut. Ils vont s'apercevoir qu'on est capable de passer à un autre niveau», a prévenu le président du syndicat.

«Ce qui se passe, c'est majeur. La confiance est à zéro. Tout ce qu'on a bâti depuis les fusions à la Ville de Québec, c'est tombé à l'eau.»

Authentique

Le syndicat des cols bleus a quitté la table des négociations jeudi après avoir reçu une enveloppe anonyme contenant une lettre de six pages datée du 14 mars dernier et signée par le directeur général de la Ville de Québec, Alain Marcoux. Cette note interne - adressée aux six directeurs d'arrondissement - a causé toute une commotion, y compris du côté patronal. Le directeur général, sans commenter la note, a confirmé son authenticité.

Ce document, dont l'existence a été révélée vendredi matin dans Le Soleil et transmise aux médias en journée, fait état de centaines de suggestions pour réduire les dépenses dans les arrondissements.

Ces suggestions ratissent large. On y traite de privatisations de nombreux services, dont le nettoyage des rues. La liste évoque aussi des réductions des services et des coupes dans les loisirs, la culture et les parcs.

Le document n'a jamais été déposé à la table des négociations. Son apparition soudaine a entraîné l'annulation de toutes les rencontres de conciliation et de négociations prévues à l'agenda, en plus de laisser planer la menace d'une grève générale.

«Ils ont été extrêmement surpris qu'on ait ça en notre possession», a reconnu le négociateur syndical, Denis Plante.

Les 1350 membres du syndicat des cols bleus sont sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2010. La question des régimes de retraite cause notamment des remous dans les pourparlers. Le syndicat n'a pas exercé de mandat de grève depuis 25 ans.

»» Une note de fonctionnaire, dit le maire Labeaume

Le document de réflexion du directeur général Alain Marcoux sur les façons de réduire les dépenses dans les arrondissements ne lie en rien la Ville de Québec, s'est défendu vendredi le maire Régis Labeaume.

«Ce n'est pas parce qu'un fonctionnaire a mis quelque chose sur papier que ça va se faire», a réagi vendredi le maire Labeaume, en marge d'une conférence de presse sur la boxe à l'hôtel de ville. «Est-ce que ce fonctionnaire-là est maire de la ville?» a-t-il ajouté à propos du directeur général Alain Marcoux, le plus haut fonctionnaire de l'administration municipale. «Est-ce que le maire de Québec a amené ça au conseil municipal? La réponse est non. Quand le maire amènera ça dans un conseil municipal, on en reparlera. Si ce n'est pas moi qui l'amène, ça n'a pas lieu.»

L'état des finances publiques de la Ville entraînera bel et bien des réductions de dépenses dans les arrondissements. Ils devront ainsi réduire leur budget de 3,5% annuellement pour les trois prochaines années. Leur budget - qui totalise 189,7 millions$ - sera réduit de 19 millions$.

Avec Olivier Bossé

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