C'est du moins en ces termes que le président du fonds de placement immobilier Cominar et du Groupe Dallaire, Michel Dallaire, présente le projet. «C'est unique!» lance celui qui travaille depuis une dizaine d'années sur ce concept qu'il dit axé sur le développement durable.
Celui-ci a franchi une étape cruciale au début du mois de février. Québec a adopté lors du conseil municipal une résolution autorisant une modification au Plan directeur d'aménagement et développement qui permettra à son tour de modifier le règlement d'urbanisme, donnant ainsi le feu vert à sa réalisation.
Michel Dallaire croit que les premiers résidants de sa micromunicipalité, qui serait sise sur d'anciennes terres agricoles laissées à l'abandon, pourraient obtenir les clés de leur nouvelle habitation dès début 2013. Mais avant cela, le ministère de l'Environnement doit donner son sceau d'approbation, puisque le territoire de 250 hectares est situé en milieu humide et qu'il est traversé par trois cours d'eau.
Le ministère des Transports a également travaillé en amont avec la Ville de Québec et le Groupe Dallaire pour redéfinir une bretelle de l'autoroute Henri-IV afin de favoriser l'accès au lieu. Celui-ci devrait également être facilité par l'implantation, par le Réseau de transport de la Capitale (RTC), du Métrobus 804. Mais selon la porte-parole du RTC, Carole Brousseau, le nouveau parcours d'autobus ne devrait pas être implanté avant un minimum de deux ans.
«L'accessibilité est une préoccupation importante pour nous, puisque lorsque tu planifies un site d'une telle envergure, tu ne veux pas avoir des commentaires de citoyens qui disent que c'est compliqué pour s'y rendre», soutient Michel Dallaire, qui a également fait produire une étude de circulation pour le secteur et son site.
Selon les plans préliminaires déposés à l'hôtel de ville, l'ensemble résidentiel devrait être traversé par une artère principale reliant l'avenue Chauveau et le boulevard Saint-Claude. Le long de celle-ci, des logements «à haute densité» seraient érigés. Ils seraient à leur tour ceinturés d'habitations à moyenne et faible densité, le tout bordé d'aires de conservation et de parcs. Deux plans d'eau, servant de bassins de rétention, seraient également creusés. Michel Dallaire souhaite que ceux-ci soient agrémentés de fontaines et que des sentiers pédestres soient aménagés. «On veut créer un milieu de vie tout en protégeant la nature», affirme le président.
Au total, c'est plus de 4000 nouvelles habitations qui sont prévues. «Il y aura de tout! Autant des unités pour les gens à plus faibles revenus que d'autres de plus haute gamme», explique M. Dallaire, précisant que l'on devrait retrouver des logements locatifs, des maisons en rangées ainsi que des résidences unifamiliales.
Industries légères
À l'est de l'autoroute Henri-IV, ce sont des industries «légères» qui sont souhaitées, comme des entrepôts. «Il n'est pas question d'industries manufacturières lourdes», indique le président.
Au sud du développement s'installeraient des commerces ainsi que des industries dites «de prestige», soit de nature plus administrative. «L'on cible une clientèle industrielle de haute gamme comme des firmes d'ingénieurs ou d'informatique», précise M. Dallaire. C'est à cet endroit qu'est prévu un premier «noyau de quartier», puisqu'on y trouverait également des commerces et des résidences.
Un deuxième «noyau de quartier», celui-là situé au nord du site, hébergerait quant à lui des services offerts à la population comme un centre communautaire, une école ou encore une clinique médicale. De petits commerces de proximité - un dépanneur, un coiffeur ou une agence de voyages - auraient également pignon sur rue à cet endroit.
Michel Dallaire ne compte pas s'arrêter là. Il possède également plus de 500 hectares de terrains à l'ouest de l'autoroute Henri-IV qu'il compte développer à moyen terme. Mais dans un délai plus court, c'est un autre projet qui l'occupe. Situé à la jonction des anciennes municipalités de Charny et de Saint-Jean-Chrysostome, l'ensemble résidentiel, dont les plans n'ont pas encore été dévoilés, serait encore plus grand que celui de Chauveau. Lévis aurait donc droit, elle aussi, à sa nouvelle «petite ville».