L'Institut de la statistique du Québec a dévoilé cette semaine, lors d'un colloque organisé par la Société d'habitation du Québec, une étude sur l'évolution démographique et le logement au Québec qui contient des perspectives pour la période 2006-2056. Selon les calculs des statisticiens, la province recensera un million de ménages supplémentaires en 2056. Des ménages plus petits, plus vieux et de plus en plus attirés par la copropriété.
Dès 2031, 34% des ménages seront formés de personnes seules. Les couples sans enfants à la maison seront plus nombreux que les couples avec enfants. Plus d'un million et demi de ménages sur les quatre millions que comptera alors le Québec seront soutenus par une personne âgée de plus de 65 ans. La part de logements en copropriété sera pratiquement le double de maintenant, à 11%.
La densification apparaît donc comme une tendance démographique. Comme un choix pleinement assumé aussi.
Les premiers résultats de l'étude sur les habitudes de vie et de déplacement des citoyens de la région de Québec menée par le Groupe interdisciplinaire de recherche sur les banlieues (GIRBA) concernent les préférences résidentielles des répondants qui désirent déménager d'ici cinq ans. Surprise: sur les 1138 répondants dans Internet, une majorité se dit ouverte à vivre dans des immeubles de logements multiples. Maisons en rangée et immeubles de deux ou trois étages, comme on en trouve dans les quartiers centraux, sont particulièrement populaires.
Secteurs convoités
Les réponses des internautes ont permis aux chercheurs de cibler les trois secteurs les plus convoités à Québec, soit les arrondissements de Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge, de Charlesbourg et de Beauport. Le centre-ville, soit La Cité-Limoilou, garde toujours son attrait. «Les gens sont très fidèles. Tous les gens de La Cité-Limoilou qui déménagent veulent rester dans leur secteur», a noté Carole Després, professeure d'architecture à l'Université Laval et codirectrice du GIRBA.
«Si la maison unifamiliale ou en copropriété a encore la cote, principalement chez les couples avec ou sans enfant et les familles monoparentales, on remarque une ouverture à différents types de maisons permettant des densités nettes moyennes-faibles, pouvant atteindre jusqu'à 40 logements à l'hectare», a-t-elle résumé, avant d'ajouter que l'analyse des réponses de ceux qui ne veulent pas déménager pourrait révéler une préférence pour l'unifamiliale au détriment de la mixité.
Mme Després et d'autres intervenants ont aussi fait remarquer qu'il y avait toujours une bonne demande pour des logements locatifs. Dans une ville comme Québec où le taux d'inoccupation tourne autour de 1% depuis plusieurs années, cela représente un défi d'en construire de nouveaux. C'est ce qu'Alexandre Turgeon, président de Vivre en ville, appelle le défi de «l'abordabilité». Mercredi, il a évoqué l'obligation d'inclure des logements sociaux dans certains ensembles résidentiels et la possibilité de calculer autrement l'évaluation foncière pour les immeubles locatifs.