Gestev projette un lien multifonctionnel entre la basse et la haute ville

Un skieur russe glisse devant l'impressionnante rampe du... (AP)

Agrandir

Un skieur russe glisse devant l'impressionnante rampe du complexe sportif de Holmenkollen, à Oslo, en Norvège. Le groupe Gestev concocte un projet de rampe entre la haute ville et le quartier Saint-Roch, qui pourrait aussi servir d'observatoire, de lieu de projection et d'animation artistique et musicale.

AP

Annie Morin
Le Soleil

(Québec) L'organisateur d'événements Gestev planche sur un projet de rampe permanente pour unir la haute ville et la basse ville à la hauteur de la côte d'Abraham et de l'îlot Fleurie, là où se tiendra la Coupe du monde de big air la fin de semaine prochaine. Comme c'est le coeur de Québec, Patrice Drouin propose de concevoir une «oeuvre d'art» et d'en faire profiter tous les citoyens.

Interrogé pour la série La nordicité apprivoisée, publiée dans nos pages en fin de semaine, le président de Gestev a fait part de son idée, sur laquelle travaillent déjà des architectes.

«Pour moi, il n'y a pas de symbole plus fort de la nordicité qu'un saut à ski en pleine ville. C'est une signature. Ça dit tout de suite qu'il y a de la neige et du fun», débite-t-il.

De telles installations existent notamment à Oslo, en Norvège, à Innsbruck, en Autriche, et à Garmisch-Partenkirchen, en Allemagne. Reconstruit en 2008, ce dernier a coûté 10 millions d'euros, soit environ 13 millions $CAN.

Cela fait cinq ans que Gestev présente la Coupe du monde de big air à l'îlot Fleurie. Chaque fois, il faut reconstruire l'immense rampe, qui fait 110 mètres de longueur sur 40 mètres de hauteur.

Avant même les premières neiges, la base est installée sur la terre ferme. Après les Fêtes, les travaux de construction de la structure elle-même débutent et s'échelonnent jusqu'à la mi-février. Chaque fois, c'est un investissement de 350 000 $ environ.

M. Drouin affirme que les devis ne sont pas assez avancés pour prédire combien pourrait coûter une éventuelle installation permanente. Par contre, il prévoit déjà son utilisation.

En plus de tenir des compétitions de surf des neiges et de big air l'hiver, Gestev pourrait y faire rouler des skateboards et des BMX l'été. Au-delà du sport, la rampe pourrait aussi servir d'observatoire, de lieu de projection et d'animation artistique et musicale.

Voyant venir les objections des défenseurs du patrimoine, M. Drouin promet de faire de la structure «une oeuvre d'art». Il croit que le bois serait tout indiqué pour construire la charpente.

«Les architectes travaillent pour que ce soit intégré dans le décor», assure-t-il, qualifiant la rampe actuelle de «modèle de base» en raison de son utilisation limitée.

Ayant survolé le site en hélicoptère, le président de Gestev estime que l'infrastructure «a sa place» au coeur du quartier Saint-Roch et à la limite du Vieux-Québec. Il réfléchit à un moyen de rendre les lieux accessibles aux piétons et aux cyclistes quand il n'y a pas d'événements organisés.

Ce n'est pas la première fois qu'un lien entre la haute ville et la basse ville est envisagé dans le secteur. L'ex-maire Jean-Paul L'Allier rêvait de construire un immense escalier entre les bretelles de l'autoroute Dufferin-Montmorency. Le projet est mort dans l'oeuf.

Quand Robert Lepage planifiait une salle de spectacles dans la falaise, l'idée d'un escalier a refait surface. Mais pour une question de coûts, le Diamant a été déplacé à la place D'Youville.

Encore récemment, le vice-président du comité exécutif de la Ville de Québec, François Picard, évoquait la nécessité d'un lien mécanique «costaud» dans la falaise pour permettre aux piétons, aux cyclistes et aux personnes à mobilité réduite de passer facilement d'un quartier à l'autre.

L'administration Labeaume attend toutefois après le promoteur Jacques Robitaille, qui doit construire un hôtel à la place de l'ancienne église Saint-Vincent-de-Paul, pour élaborer des plans.

Esquisses

Les terrains convoités par Gestev appartiennent à la Ville de Québec et au ministère des Transports du Québec, qui ont «très bien collaboré» au cours des dernières années.

Patrice Drouin et son équipe ira les rencontrer dans les prochains mois pour leur présenter le projet, des esquisses et, bien sûr, mesurer leur intérêt.

La côte d'Abraham est incluse dans l'arrondissement historique du Vieux-Québec, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Le site est donc soumis à des règles particulières d'aménagement et de construction dans un souci de protection du patrimoine.

Tous les projets doivent donc passer devant la commission municipale d'urbanisme et obtenir un permis du ministère de la Culture.

La falaise n'est pas visée par ces mesures de protection. La Ville de Québec entend toutefois l'inclure dans le programme particulier d'urbanisme actuellement en élaboration pour le quartier Saint-Roch.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer