Gilles Dumas, propriétaire du Bar Le Bistro, a eu toute une surprise lorsqu'il a appris qu'il a besoin d'un certificat d'autorisation délivré par la Ville pour afficher le drapeau qui décore la façade de son commerce depuis 1986. «Si je l'avais mis la semaine passée, puis qu'ils m'avaient envoyé une lettre cette semaine, j'aurais compris, mais là, après plus de 20 ans, je ne sais pas pourquoi!» s'indigne celui qui a préféré se conformer à la demande de l'administration municipale plutôt que de chercher à la confronter.
La Ville se réfère au règlement d'urbanisme harmonisé, qui stipule que toute demande d'affichage doit faire l'objet d'un permis. Les contraintes pour les bâtiments situés dans les arrondissements historiques tel le Vieux-Québec sont souvent plus sévères qu'ailleurs.
«Ça doit rencontrer les limites permises selon la superficie du bâtiment et autres», explique Jacques Perron, porte-parole pour la Ville de Québec.
Le règlement en question, le R.V.Q. 1400, a été adopté en 2008. «Ce n'est pas parce qu'une situation était tolérée par le passé qu'elle peut encore être tolérée aujourd'hui», affirme M. Perron, précisant toutefois que certains commerçants peuvent avoir des droits acquis, ce qui ne semble pas être le cas pour le Bar Le Bistro. M. Dumas a reçu cet avis probablement parce que les inspecteurs ont remarqué un changement dans son affichage récemment et qu'il est maintenant nécessaire pour lui de régulariser sa situation, explique-t-il.
Jacques Perron tient à rassurer les citoyens qui voudraient afficher leurs couleurs à l'approche de la fête nationale en installant des drapeaux à même leur balcon: la réglementation concerne uniquement l'affichage permanent.
Gilles Dumas est loin d'être le seul commerçant dans le Vieux-Québec à afficher un drapeau sur son bâtiment. Dans la rue Saint-Jean, le Pub Saint-Alexandre et le restaurant Portfofino, pour ne nommer que ceux-là, égayent la rue avec des drapeaux de différents pays. Les propriétaires de ceux-ci n'ont cependant pas reçu le même avis que M. Dumas et ignorent l'existence des certificats d'autorisation.