Non à l'Îlot Irving: le Comité populaire s'inquiète pour le sort de la coop

Le comité populaire Saint-Jean-Baptiste accepte le Non de la population du... (Illustration fournie par GM Développement)

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Valérie Gaudreau

Valérie Gaudreau
Le Soleil

(Québec) Le comité populaire Saint-Jean-Baptiste accepte le Non de la population du quartier au projet de l'îlot Irving. Mais, déçu, l'organisme s'inquiète maintenant pour le sort de la coopérative d'habitation La face cachée.

«N'oublions pas qu'un groupe de locataires s'active depuis maintenant deux ans pour fonder une nouvelle coopérative dans le quartier, il ne faudrait pas que le résultat du référendum signale la mort du projet» a indiqué par communiqué lundi l'organisateur communautaire au Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, Mathieu Houle-Courcelles.

Le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste avait donné son appui au projet de GM Développement estimant qu'il s'agissait du meilleur «compromis» pour le quartier. Des négociations entre l'administration Labeaume, le promoteur et le comité populaire avaient débouché sur un promesse d'inclure 20 unités de coopérative d'habitation, des stationnements souterrains et des toits verts au projet de 70 condominiums sur le terrain voisin de la caserne de pompiers de la rue Saint-Jean. Le hic, c'est que le promoteur souhaitait construire un immeuble de neuf étages alors que le zonage actuel du secteur en permet six.

53% contre

Le référendum de dimanche sur cette question, où la population du quartier s'est prononcée à 53% contre le projet de GM Développement fait en sorte que tout est à recommencer.

«GM Développement devra tenir compte de cette expression démocratique majoritaire et retourner à sa table à dessin», estime le coordonnateur du Comité populaire, Nicolas Lefebvre Legault. «Nous souhaitons de tout coeur qu'un nouveau projet résidentiel respectant le zonage voit le jour sur ce site et que ce projet intègre un maximum des bonifications qui avaient été apportées au projet battu hier (dimanche) en référendum» poursuit-il dans le communiqué.

Le rejet du projet, même s'il est décevant pour le Comité populaire qui a milité pour le «Oui», ne doit pas servir d'argument pour ceux qui espèrent l'abolition pure et simple des référendums, tient-on toutefois à nuancer.

«À notre avis, la création de zones franches d'approbation référendaire à Québec est une très mauvaise idée et ne fera qu'alimenter le cynisme des citoyens et des citoyennes», dit Mathieu Houle-Courcelles.

Solution permanente

Le Comité populaire estime aussi que la saga de l'îlot Irving, qui a montré la division dans ce quartier pionnier des luttes sociales à Québec «illustre plutôt les faiblesses de la politique d'habitation de la Ville de Québec» et qu'il faut plus que la bonne volonté affichée par l'administration Labeaume dans ce dossier précis.

«Dans l'état actuel du marché de la construction, les groupes communautaires ne font pas le poids face aux promoteurs immobiliers, il faut trouver une solution permanente», avance Nicolas Lefebvre Legault.

L'occasion est belle, estime-t-il, pour rappeler leur revendication en faveur d'une réserve foncière consacrée au logement social en plus de ce que ce regroupement de citoyen qualifie de «réelle politique d'inclusion de logements sociaux dans les grands projets». «Le fait que GM Développement ait été l'un des seuls promoteurs à tenter l'aventure de la mixité sociale prouve la nécessité d'une telle politique», conclu Nicolas Lefebvre Legault.

La balle dans le camp du maire

La conseillère indépendante Anne Guérette a aussi réagi en plaidant pour une solution permanente lundi. Selon elle, la balle est dans le camp du maire Régis Labeaume, qui s'était prononcé en faveur du «Oui».

«Que va-t-il se passer maintenant? Comment le maire de Québec va-t-il réagir?» demande la conseillère du district Vieux-Québec-Montcalm dans un comuniqué.

«Est-il préférable de poursuivre le travail à la pièce avec les promoteurs ou de mettre en place une politique municipale en matière d'inclusion de logements abordables? Voilà des questions fondamentales auxquelles nous espérons des actions positives et rassembleuses qui susciteront enfin l'harmonie, l'adhésion, voire l'émergence d'une solution acceptable pour tous les acteurs en présence. La balle est dans le camp du maire», conclut Anne Guérette

Le maire Régis Labeaume réagira au résultat de ce référendum, qui représente une défaite pour son administration, à la séance du conseil municipal, en fin d'après-midi lundi.

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