La science sur deux lames

Valérie Gaudreau, envoyée spéciale
Le Soleil

(Calgary) CALGARY - Régis Labeaume est plus que jamais convaincu qu'un futur anneau de glace couvert doit être à l'Université Laval.

«Je ne veux pas mettre le recteur dans l'embarras, mais la démonstration qu'on voulait faire aujourd'hui, c'est que ce n'est pas 85 millions $ pour quelques athlètes, c'est 85 millions $ pour une infrastructure multifonctionnelle», a estimé le maire de Québec à l'issue d'une journée passée à l'Anneau olympique de Calgary, seul anneau couvert au pays.

Cet anneau de glace est construit directement à l'Université de Calgary (UC), ce qui permet «des effets secondaires» que Régis Labeaume qualifie «d'incroyables» sur les activités de l'université.

«Quand je vois qu'Adidas s'associe comme commanditaire, je me dis que ce ne serait jamais arrivé sans l'anneau de glace», estime le maire à propos des nombreux commanditaires privés qui peuplent les couloirs de l'UC.

Quant aux montants provenant de la recherche, difficile de dire pour quelle proportion ils comptent dans les activités de l'Anneau olympique, puisque chaque professeur ou département qui l'utilise a son propre financement.

Reste que la proximité de cette patinoire d'élite a des répercussions dans toutes les sphères de son département de kinésiologie où les patineurs deviennent de véritables sujets d'étude. Des chercheurs s'intéressent à leurs mouvements, leur endurance ou à leur alimentation.

Mais à l'Université de Calgary, la particularité est aussi que l'usage de l'anneau de glace dépasse les murs des disciplines liées à la médecine sportive.

Utile pour les chercheurs

Fonctionnel, malléable, l'anneau attire les chercheurs en génie qui l'utilisent pour des études sur la friction sur la glace, la réfrigération, la vitesse.

«Il y a des tonnes de recherches différentes», explique Kameron Kiland, directeur de l'anneau couvert de Calgary.

«Tout le monde veut venir ici et essayer quelque chose à cause de notre environnement», a poursuivi celui qui lie la longévité de l'infrastructure à l'intérêt qu'elle suscite chez les chercheurs.

«La glace est là depuis 24 ans et elle est toujours parmi les plus rapides et les plus fonctionnelles au monde. Ce n'est pas seulement en raison du travail que nous faisons, mais aussi grâce à notre proximité avec l'université, qui nous rend meilleurs.»

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