Ce n'est pas la première fois que le maire Régis Labeaume rêve à haute voix de doter Québec d'un anneau de glace. Mais rarement il n'a aussi concret sur ce qu'il envisage pour Québec lors d'une visite de l'Anneau olympique de Calgary.
Cet anneau, construit pour les Jeux de 1988, est doté d'une glace longue piste qui entoure une patinoire pour le hockey et une autre pour le patinage courte piste.
À Québec, le hockey fera place au patinage artistique, a assuré Régis Labeaume samedi.
«On voudrait du patinage artistique sur deux glaces à temps plein. Ça, ça veut dire qu'on aurait plus besoin de partager les glaces des arénas avec le hockey. Donc, le hockey dans les arénas et dans l'ovale, on aurait tout le patinage artistique. Ce serait extraordinaire.»
Sur le plan de la forme, le maire de Québec rêve déjà de grandes arches de bois comme en compte le toit du nouveau stade du PEPS, inauguré il y a deux semaines. «Ça, c'est sûr, on ne se pose même pas la question. Les grandes arches, c'est fait pour ça», estime Régis Labeaume, qui aimerait bien que le bâtiment ait un «petit côté scandinave» avec son contraste bois et glace.
Côté énergie, le maire souhaite l'intégration de panneaux solaires. «Il y aurait aussi des puits de lumière», a ajouté Régis Labeaume à propos du projet d'anneau de glace couvert évalué à  85 millions $ dans un rapport d'Équipe Québec daté de 2010.
Du patin au vélo.
Lors de sa visite, Régis Labeaume a aussi pris connaissance de la variété de sports pratiqués dans l'anneau situé sur les terrains de l'Université de Calgary.
«L'anneau ici, c'est plus qu'un anneau olympique, c'est un anneau communautaire», a expliqué Marcel Lacroix, ancien entraîneur de l'équipe nationale de patinage de vitesse et maintenant directeur associé à l'Anneau olympique de Calgary. «Il y a aussi du hockey, du football universitaire, un programme de cyclisme paralympique, l'équipe de ski de fond, de biathlon», a-t-il énuméré. Le Québécois installé à Calgary depuis 16 ans précise que l'anneau est malléable et que tous les gradins, les bandes se transforment pour adapter l'espace à divers sports ou événements. «Il y a aussi une équipe de triathlon qui s'entraîne ici l'hiver, car il y a une piscine à côté», a poursuivi M. Lacroix.
Lien avec le Super Peps
De quoi faire réagir Régis Labeaume, qui a immédiatement fait le lien avec la future piscine du Super PEPS. «On a une piscine olympique qui s'en vient!» a-t-il lancé dans l'une de ses nombreuses allusions à l'idée de bâtir l'anneau sur le campus de l'Université Laval.
Marcel Lacroix a aussi semblé faire rêver le maire de Québec en parlant de la possibilité d'attirer des patineurs d'élite pour certains mois de l'année. À Calgary, dit-il, des équipes du Japon, de la Chine, de la Corée où des Pays-Bas viennent s'entraîner en juillet et en août. «Ça leur coûte moins cher d'envoyer les athlètes s'entraîner ici pendant un mois que de garder leurs buildings ouverts pendant l'été», explique l'ancien coach. L'anneau de Calgary est fermé en mai et juin seulement.
«Ça veut dire qu'on en aurait plein à Québec aussi!» s'est enthousiasmé Régis Labeaume.
Héritage olympique
La visite de samedi a aussi permis de mesurer l'importance des frais de gestion, préoccupation majeure pour un éventuel anneau à Québec.
À Calgary, les quelque 300 000 $ provenant annuellement de partenaires privés demeurent marginaux, reconnaît Kameron Kiland, directeur de l'anneau couvert de Calgary.
Les sommes recueillies par le patin libre ou d'autres activités publiques permettent toutefois de remplir les coffres d'environ 2 millions $ par an. «Avant Noël, nous avons eu pratiquement 1000 personnes par jour», a poursuivi M. Kiland.
Mais à Calgary, on dit surtout merci au fonds spécial hérité des Jeux olympiques de 1988.
En 2010, ce fonds géré par WinSport Canada a permis d'investir 9,5 millions $ pour rénover la toîture et, en 2006, 3 millions $ pour moderniser le système de réfrigération. «Après les Jeux, on a eu un surplus de 80 millions $ qui a été mis dans un fonds spécial. Il reste encore un bon 60 millions $ qui nous fera vivre un autre 20 ans au moins», indique le directeur de l'Anneau selon qui cet argent «dépassera le temps de vie du bâtiment».
«Quelle concurrence?»
Les responsables de l'anneau couvert de Calgary ne sont par ailleurs pas inquiets du tout à la perspective d'un bâtiment du même type à Québec.
«Quelle concurrence?» a simplement répondu Marcel Lacroix lorsque questionné à savoir s'il y a de la place pour deux anneaux couverts au Canada. «S'il y a anneau dans l'Est, on va perdre quoi ici, 20 patineurs? L'important est beaucoup plus d'être équilibrés pour offrir un sport national et, en bout de ligne, avoir de meilleures performances. Si c'était question de compétition et de concurrence, je ne vous aurais jamais invité!»