«Pour nous, c'est clair qu'on ne peut pas la démolir. Le promoteur le sait, et on va travailler avec lui sur un projet, mais il faut qu'il la conserve», a indiqué jeudi la conseillère Julie Lemieux.
Un peu avant les Fêtes, le promoteur immobilier Sébastien Leboeuf, qui a acheté l'église inoccupée pour 1,6 million $ l'an dernier, a confirmé au Soleil explorer divers scénarios, dont celui d'y construire une tour de condominiums de luxe pouvant atteindre 25 étages.
Or, le promoteur devra composer avec l'église datant de 1920. «On ne veut pas qu'il y ait d'ambiguïté là-dessus», a martelé l'élue responsable de la culture et du patrimoine à la Ville de Québec. «Il faudra qu'il s'ajuste à nous, car on veut absolument qu'elle reste dans le paysage.»
Si Julie Lemieux est aussi ferme dans sa position, c'est que le cas de l'église Saint-Coeur-de-Marie n'est pas le seul à illustrer la fragilité des bâtiments historiques de Grande Allée.
La démolition du monastère des Dominicains pour l'agrandissement du Musée national des beaux-arts, la démolition de la chapelle des Franciscaines en 2009 et la «déconstruction» prochaine du monastère des Franciscaines qui sera reconstruit et intégré au projet de condos L'Étoile ont fait réfléchir.
Julie Lemieux a d'ailleurs pris acte mercredi avec ses collègues du comité exécutif d'un rapport sur les bâtiments patrimoniaux à protéger sur la Grande Allée.
Étude
L'étude, menée par la firme Bergeron et Gagnon, recommande de préciser les pouvoirs de la Commission d'urbanisme et de conservation de Québec (CUCQ) en ce qui a trait à l'interdiction de les démolir. Parmi les options, le rapport propose la bonification des pouvoirs de la CUCQ, qui pourrait passer par «l'adoption d'un règlement municipal sur les démolitions».
Des avis juridiques demandés par la Ville confirment aussi cette voie à prendre, assure la conseillère Lemieux.
L'autre option aurait été de protéger la Grande Allée par la création d'un site du patrimoine. Une telle reconnaissance, octroyée en vertu de la Loi sur les biens culturels était aussi souhaitée par la conseillère indépendante Anne Guérette. Mais la Ville a décidé de privilégier le rôle de la CUCQ.
«La Grande Allée est un peu le panorama complet de l'architecture depuis 1800. Il ne faut pas perdre de vue que la Grande Allée n'est pas le Vieux-Québec. Il faut que cette artère continue de vivre et d'évoluer avec les époques, estime Julie Lemieux. Le Musée des beaux-arts sera un bel exemple de création architecture contemporaine. C'est une allée qu'il faut laisser respirer et laisser vivre.»