Anneau de glace: sans toit, point de salut

Inauguré en décembre 1985, l'anneau de glace de Sainte-Foy (photo ci-contre),... (Photothèque Le Soleil)

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Photothèque Le Soleil

(Québec) Inauguré en décembre 1985, l'anneau de glace de Sainte-Foy (photo ci-contre), qui allait plus tard porter le nom du célèbre Gaétan Boucher, a vite été dépassé par les anneaux couverts.

Moins de deux ans après son ouverture, celui bâti pour les Jeux olympiques de Calgary 1988 allait changer la donne. On entrait dans une autre ère avec ce premier anneau couvert au Canada et le deuxième au monde après qu'un toit eut été posé sur l'anneau extérieur de Heerenveen, aux Pays-Bas.

«Notre anneau n'est pas ­devenu désuet instantanément», précise toutefois Ro­­bert Dubreuil, directeur général de la Fédération de patinage de vitesse du Québec depuis 1995.

En 1987, l'anneau de glace de Sainte-Foy a montré un grand dynamisme en recevant le Championnat du mon­de sprint sur longue piste. «Mais c'est là que les premiers signes des défauts d'une piste extérieure sont arrivés, note toutefois M. Dubreuil. On a commencé à avoir un discours parmi les leaders du patinage de vitesse comme quoi il nous faudrait un toit.»

Un discours qui allait s'amplifier au fur et à mesure que les patinoires couvertes arrivaient dans le décor. Après les compétitions intérieures à Calgary en 1988, retour à l'extérieur pour les Jeux d'Albertville 1992, auxquels a par­­ticipé M. Dubreuil. «Ç'a été extrêmement difficile. La piste couverte devenait de plus en plus un incontournable.»

En 1992, l'anneau extérieur de Sainte-Foy accueille la Coupe du monde pour hom­mes 1500 m et 5000 m, trois semaines après les Jeux olympiques d'Albertville.

«Cette compétition a été le deuxième et dernier gros événement international tenu ici. Il avait fait plutôt froid pour un 15 mars, environ - 15 °C. Là, ç'a été comme le clou dans notre cercueil, se désole Robert Dubreuil. Le monde du patinage de vitesse se dotait de plus en plus de pistes couvertes. On tenait ici un second événement en cinq ans où la météo n'était pas à son meilleur. Les Européens ne s'attendaient vraisemblablement pas à patiner à - 15 °C!» lance-t-il.

«Depuis 1992, on a essayé à peu près cinq, six fois de postuler pour des Coupes du mon­de et le Championnat du monde et on ne l'a jamais eu. La raison est très simple : l'infrastructure ne suffit plus, tout simplement.»

Calgary, une piste pour Québec

On compte 28 anneaux de glace couverts dans le monde. Mais celui de Calgary, où se rendra le maire Régis Labeaume la fin de semaine prochaine, est souvent perçu comme un modèle dont pourrait s'inspirer Québec. Un quart de siècle après sa construction, survol de l'Ovale.

» L'infrastructure, une propriété de l'Université de Calgary, est actuellement administrée par WinSport Canada, un organisme à but non lucratif.

» Construit entre 1985 et 1987, l'anneau annexé à l'Université de Calgary pour les Jeux olympiques de 1988 a coûté 38,9 millions $, ce qui représenterait aujourd'hui 65,9 millions $, selon une étude d'Équipe Québec en 2010.

» L'anneau de glace, qui compte 2500 sièges, est entouré d'une piste de course à pied de 450 m. À l'intérieur de l'anneau se trouvent deux glaces de dimensions internationales, l'une destinée au hockey et l'autre au patinage de vitesse courte piste et au patinage artistique, note Équipe Québec, qui, dans son rapport, souligne aussi qu'on y trouve une piste d'athlétisme.

» En plus d'être un centre national d'entraînement de patinage de vitesse longue piste et courte piste, il est le domicile du club de hockey féminin Calgary Oval X-Treme et d'un club de cyclisme.

» D'avril à juin, la glace est enlevée et 155 000 pieds carrés deviennent disponibles pour des événements, des expositions commerciales, des épreuves sportives ou des tournages vidéo, illustre l'étude.

» Le public peut aussi aller patiner pour environ 5 $ par séance.

» De juillet 2007 à mars 2008, par exemple, 31 535 patineurs ont profité des 760 heures disponibles. Les amateurs de course à pied ont pour leur part été environ 5000 à combler 1017 heures.

Ces chiffres de fréquentation pourraient être beaucoup plus importants à Québec, croit le président du Centre national d'entraînement Gaétan-Boucher, Benoît Lamarche. «Calgary a fait le choix de supporter l'élite, et ils en payent un peu le prix, estime-t-il. Oui, il y a des activités grand public, mais ils ont huit ou neuf mois de glace et 30 000 entrées de patinage libre. Nous, on a trois mois de glace, et on a 50 000 entrées à - 40 °C!»

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