«Il a un taux de satisfaction qui se rapproche de celui qu'on obtient lorsqu'on évalue la performance du maire Régis Labeaume!» lance d'entrée de jeu Raynald Harvey, président de la firme de sondages Segma Recherche.
Le sondage téléphonique réalisé du 13 au 15 septembre auprès de 451 résidants de L'Ancienne-Lorette montre en effet que 44 % des citoyens sondés sont très satisfaits de la façon dont M. Loranger gère actuellement sa ville. Quelque 34 % sont assez satisfaits, pour un total enviable de 78 % de satisfaction.
Tout cela dans un climat plutôt houleux sur fond de crise au conseil d'agglomération et au moment où des citoyens demandent la démission de M. Loranger. Pourtant, selon le sondage, ils ne sont que 20 % à se dire peu ou pas du tout satisfaits de la gestion du maire.
Selon Raynald Harvey, la popularité du coloré Loranger, élu maire de L'Ancienne-Lorette pour la première fois en 1983, est attribuable à sa durée et à sa personnalité. «Il est là depuis longtemps, il a participé à la saga des défusions», rappelle M. Harvey. «C'est un maire qui a beaucoup de panache, le genre de maire qui réussit à aller chercher ses citoyens aux tripes, probablement en excitant un peu le sentiment pro-Lorettain. Ça fait partie de sa recette», poursuit le sondeur.
Forte appartenance
Un sentiment d'appartenance à la ville défusionnée qui se traduit aussi dans le sondage. Les Lorettains tiennent en effet à l'autonomie de leur ville, qu'ils ont sortie du giron de la Ville de Québec fusionnée par un vote de 67 % au référendum sur la défusion en juin 2004. Aujourd'hui, l'attachement à L'Ancienne-Lorette est encore plus fort alors que 78 % seraient contre une refusion avec Québec.
Parmi les raisons invoquées par les répondants du sondage Segma-Le Soleil, la crainte d'une possible diminution des services arrive en tête (33 %) suivie de l'attachement à L'Ancienne-Lorette (24 %) et une possible augmentation de taxes (22 %). M. Harvey y voit la crainte pour les citoyens de se sentir éloignés du «pôle décisionnel» en cas de refusion avec la grande voisine d'en face. Selon lui, les notions d'appartenance et d'accès aux services sont intimement liées dans la perception des sondés.
«Ce n'est pas seulement une notion de services. Les gens se disent que dans un grand ensemble, ils auront moins facilement accès à leurs conseillers municipaux, par exemple.»
En somme, ils craignent de perdre cet esprit de famille qui règne dans la ville de 16 000 habitants souvent qualifiée de «village gaulois».
«C'est sécurisant, même si dans les faits, en faisant l'analyse on se rendrait peut-être compte qu'il y aurait plus de services, les gens ont la perception d'avoir plus de contrôle sur leur environnement quand ils font partie d'un plus petit ensemble.»
Quant aux arguments en faveur d'une refusion avec Québec, ce que souhaiteraient 22 % des Lorettains sondés, le manque de pouvoir au sein de l'agglomération et le potentiel de développement limité de L'Ancienne-Lorette arrivent ex aequo à 23 % chacune. Suivent la mauvaise gestion de L'Ancienne-Lorette et la qualité équivalente des services à Québec dans une proportion de 20 % chacune.
Oui pour payer l'amphithéâtre
Le dossier de l'amphithéâtre a contribué à nourrir la crise actuelle entre Québec et ses deux voisines défusionnées. Pourtant, une majorité des citoyens de L'Ancienne-Lorette n'a pas de problème à l'idée de payer pour cet équipement d'agglomération de 400 millions $.
Selon le sondage Segma-Le Soleil, 54% des Lorettains sont d'accord pour contribuer au financement du nouvel amphithéâtre. Quelque 27 % sont en désaccord alors que 17 % sont incertains et 2 % sans opinion. Un résultat qui n'est pas «extrêmement fort», mais quand même majoritaire, souligne le président de Segma, Raynald Harvey.
Il rappelle qu'Émile Loranger s'est toujours dit d'accord avec la construction d'un nouveau colisée, ses récentes critiques ayant plutôt porté sur la confidentialité demandée pour avoir accès aux documents de négociation pour la gestion du bâtiment. «Dans ce sens, il y a une cohérence», analyse M. Harvey.
Le sondeur note par ailleurs que parmi les gens favorables à sortir leurs sous pour le colisée se trouve une majorité (60 %) d'hommes de 35 à 44 ans. «C'est le groupe le plus motivé, le plus pro-amphithéâtre. Eux, ils sont prêts à contribuer car c'est un projet qui les motive et qui motive la grande région de Québec.»