Les bibliothèques de Québec: pas le même service partout

La bibliothèque Étienne-Parent, à Beauport, remporte la palme... (Photothèque Le Soleil)

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La bibliothèque Étienne-Parent, à Beauport, remporte la palme de l'accessibilité avec 81 heures d'ouverture par semaine pour un coût par habitant de 26 $.

Photothèque Le Soleil

Isabelle Mathieu

(Québec) Votre bibliothèque vous en donne-t-elle pour votre argent? Pendant que la bibliothèque Étienne-Parent offre 81 heures d'ouverture par semaine pour un coût de 26 $ par habitant, les quatre bibliothèques de Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge sont ouvertes chacune moins de 50 heures par semaine pour un coût de 41 $ par habitant.

En 2002, dans la foulée des fusions municipales, était créé le Réseau des bibliothèques de la Ville de Québec, regroupement des 12 succursales gérées par l'Institut Canadien et des 13 bibliothèques des anciennes villes, devenues arrondissements.

Près de 10 ans plus tard, force est de constater que d'énormes disparités demeurent dans les coûts et les heures d'accessibilité. Et que les plus chères à exploiter n'offrent pas nécessairement plus de services aux citoyens.

Une analyse des coûts globaux des 25 bibliothèques pour l'année 2009, préparée il y a quelques jours par la Ville de Québec et obtenue par Le Soleil, montre, par exemple, que les bibliothèques de Beauport (Étienne-Parent et du Chemin-Royal) coûtent 26 $ par habitant, alors que celles de Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge et de La Haute-Saint-Charles coûtent 41 $ par habitant.

Et pourtant, Étienne-Parent, à Beauport, remporte la médaille d'or, et de loin, de l'accessibilité, avec 81 heures d'ouverture par semaine. C'est même davantage que Gabrielle-Roy, ouverte 77 heures par semaine.

Dans La Haute-Saint-Charles, les quatre bibliothèques sont ouvertes en moyenne 48 heures. C'est à peu près la même chose dans les trois plus grosses bibliothèques de Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge et dans la récente bibliothèque de Charlesbourg.

Les bibliothèques de La Cité-Limoilou (23 $ par habitant) et des Rivières (34 $ par habitant), toutes gérées par l'Institut Canadien, semblent coûter moins cher à exploiter, en raison, notamment, d'une plus grande flexibilité de la main-d'oeuvre, dit la conseillère Julie Lemieux, responsable du dossier.

Leurs heures d'ouverture sont toutefois moindres, sauf celles du Collège-des-Jésuites, qui se démarque, avec 56,5 heures par semaine.

Ce portrait, qui n'est pas une fin en soi, donne de bons indices à l'administration Labeaume, affirme Julie Lemieux, membre du comité exécutif responsable des dossiers culturels.

«Pour la première fois, on sait vraiment ce que ça coûte, toute l'opération des bibliothèques, fait-elle remarquer. C'est certain qu'on va poser des questions et évaluer plusieurs scénarios.»

Certaines raisons peuvent expliquer les écarts, dit la conseillère municipale. Historiquement, Sainte-Foy et Sillery avaient fait le choix d'affecter plus de personnel à leurs bibliothèques.

À la bibliothèque Étienne-Parent de Beauport, l'organisation sur un seul étage faciliterait les opérations.

Mais certains cas demeurent mystérieux, convient-elle, particulièrement dans La Haute-Saint-Charles. Par exemple, pourquoi la vaste bibliothèque Félix-Leclerc de Val-Bélair, située à côté d'une école secondaire, n'a réussi à enregistrer que 126 484 prêts en 2009, tandis qu'Étienne-Parent en a fait trois fois plus pour une superficie moindre?

Plus d'heures d'ouverture au meilleur coût possible, c'est le mantra de l'administration municipale en matière de bibliothèques, dit Julie Lemieux. «Et on veut que chaque citoyen ait la même qualité de service sur le territoire, peu importe où il demeure», ajoute-t-elle.

Fusion envisagée

Le réseau des bibliothèques reste un hybride, avec deux têtes dirigeantes; celle de l'Institut Canadien (12 bibliothèques) et celle des arrondissements (13 arrondissements). Il faut plus de cohérence et une vision commune, affirme Julie Lemieux. «On regarde toutes sortes de scénarios, y compris une fusion.»

La tendance étant aux bibliothèques plus vastes et accueillantes, il n'est pas exclu de penser que certaines succursales pourraient fermer leurs portes et voir leurs ressources transférées dans les bibliothèques plus achalandées. «Est-ce qu'il y en a dont on doit se départir? demande-t-elle. On va brasser les cartes un peu.»

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