Sondage Segma-Le Soleil: l'année Labeaume

Omniprésent dans les médias, Régis Labeaume dit avoir... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Omniprésent dans les médias, Régis Labeaume dit avoir parfois l'impression d'être «plus en show-business qu'en politique».

Le Soleil, Erick Labbé

Le Soleil

(Québec) Sur la scène régionale, le maire Régis Labeaume a encore une fois volé la vedette cette année. Malgré quelques bourdes, sa popularité ne se dément pas, si bien que les gens de Québec l'ont choisi comme étant celui qui a fait l'événement dans la capitale en 2010.

Voilà l'une des conclusions d'un sondage Segma-Le Soleil réalisé auprès de 425 résidants de la région de Québec au début décembre. Invités à choisir la «personnalité de l'année» parmi une liste de noms (voir le tableau en page 2), 54 % des gens interrogés ont choisi le maire Labeaume, loin devant le directeur général du Festival d'été, Daniel Gélinas (16 %) et le grand patron des Remparts, Patrick Roy (10 %). La marge d'erreur est de 4,7 %.

L'écart est encore plus grand lorsque vient le temps de désigner la «personnalité politique» de l'année : Régis Labeaume arrive encore en tête avec 63 %, suivi de Gérard Deltell, chef de l'Action démocratique du Québec et député de Chauveau, qui ne récolte que... 9 % des voix (voir le tableau en page 4).

«Labeaume éclipse vraiment tout le monde», affirme Raynald Harvey, président de Segma Recherche. «On se doutait bien qu'il allait sortir en premier; il a vraiment monopolisé l'actualité en 2010 avec ses nombreux projets, dont l'amphithéâtre.»

Le principal intéressé affirme de son côté que sa popularité est un «phénomène» qu'il s'explique encore mal. «À un moment donné, tu ne le sais plus», lance-t-il en entrevue au Soleil. «Moi, j'ai confiance dans le jugement des gens. Ils sont intelligents et les politiciens aujourd'hui manquent de respect pour le bon sens collectif. Moi, évidemment, ça me crée du souci parfois d'être trop franc et trop transparent, mais le monde est pas fou à temps plein. On ne se demande pas si chaque décision est populaire, mais on se dit que les gens vont juger sur l'ensemble de l'oeuvre.»

Les caméras

Quant à savoir si son omniprésence dans les médias est en partie responsable de sa grande popularité, Régis Labeaume reconnaît qu'il a parfois l'impression qu'il est «plus en show-business qu'en politique». Il jure toutefois qu'il ne se précipite pas devant les caméras. «Les médias, je ne cours pas après ça. Ce serait plutôt l'inverse. Oui, je suis disponible, mais c'est un phénomène qui n'est pas à sens unique», lance-t-il.

Louise Quesnel, spécialiste de la politique municipale à l'Université Laval, croit plutôt que la présence médiatique du maire Labeaume est le résultat d'une stratégie bien planifiée. «Sa présence dans les médias est très réfléchie; il occupe l'espace. Il est entouré de stratèges qui réussissent bien de ce côté», affirme-t-elle.

Plus de la moitié des gens de Québec (51 %) considèrent par ailleurs que l'obtention du financement provincial pour le projet d'amphithéâtre est le meilleur coup de Régis Labeaume en 2010. Une réponse qui ne surprend évidemment pas le maire. «On est tellement malade de hockey, c'est normal», lance-t-il.

M. Labeaume a toutefois été beaucoup plus étonné de savoir que les mesures de protection de la prise d'eau potable de la ville de Québec arrivent au deuxième rang, avec 22 %. «Ah ben là, vous me faites plaisir! Ça m'étonne parce que si on gérait en se demandant si on va perdre ou gagner des votes, on ne l'aurait pas fait, cette affaire-là.» Environ 10 % des répondants classent toutefois ces mesures dans les «moins bons coups» du maire.

Par ailleurs, Régis Labeaume ne s'inquiète pas trop de savoir que le projet de mobilité durable - y compris le tramway - arrive au troisième rang dans la liste de ses meilleurs coups, avec seulement 13 %. «C'est parce qu'on en a moins parlé; on va recommencer à en parler en début d'année», lance-t-il.

Quant au Forum universel des cultures, que le maire a officiellement laissé tomber la semaine dernière, 7 % des gens interrogés considèrent qu'il s'agit de sa plus grande réussite, alors que 6 % estiment qu'il s'agit plutôt de son moins bon coup. «C'est ce que je pensais, le monde ne suit pas beaucoup là-dessus», a laissé tomber M. Labeaume.

L'affaire Clotaire Rapaille

La majorité (51 %) pensent toutefois que c'est «l'affaire Clotaire Rapaille» qui a été le plus grand échec de Régis Labeaume en 2010. «C'est le ratage de l'année, il n'y a pas de doute. Comme m'a dit mon fils : "Tu l'as muffée, celle-là"», lance le maire qui ne s'en formalise pas. «Les gens pardonnent. Ils me disent : "M. Labeaume, vous l'avez manquée, celle-là, mais on vous aime pareil". Ils la trouvent drôle.» Au printemps, le maire a été contraint d'annuler le contrat du consultant en marketing Clotaire Rapaille, présenté comme le «psychanalyste des marques», après qu'une enquête du Soleil eut révélé plusieurs inexactitudes dans son curriculum vitae.

Près du tiers des gens de Québec (28 %) considèrent toutefois que ses déclarations controversées sur des «fonctionnaires incompétents» - qui ont entraîné la démission du directeur général adjoint à l'hôtel de ville - représentent son moins bon coup en 2010. Il s'agit «d'une des crises les plus importantes» avec laquelle le maire a dû jongler, souligne Thierry Giasson, professeur en communication politique à l'Université Laval.

Mais le maire persiste et signe, affirmant qu'il tiendrait encore aujourd'hui les mêmes propos. «J'étais tellement fâché après quelques hauts fonctionnaires. Un moment donné, il faut que ça se dise, il faut que ça se sache. Non, je ne l'ai pas échappé. J'étais vraiment sincère.» M. Labeaume a reproché à certains fonctionnaires d'avoir mal géré le délicat dossier de la voie réservée sur l'autoroute Robert-Bourassa.

M. Labeaume ne semble par ailleurs pas trop préoccupé par les derniers revers qu'il a subis. Au cours des dernières semaines, la Ligue nationale de hockey a clairement laissé entendre que la relocalisation d'équipes n'était pas dans ses plans, la Fédération internationale de ski a refusé d'homologuer le mont à Liguori en vue d'éventuels Jeux olympiques et la date butoir du 31 décembre pour obtenir le financement fédéral pour l'amphithéâtre a dû être repoussée.

Le maire en tire plutôt une leçon. «Ce qu'on contrôle, ça marche. Ce qu'on ne contrôle pas, c'est compliqué. On en a une belle preuve avec la montagne; on ne peut pas contrôler ça.»

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