Le projet de centre d'injection supervisé dans St-Roch inquiète

La présence d'une véritable piquerie à ciel ouvert... (Le Soleil, Erick Labbé)

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La présence d'une véritable piquerie à ciel ouvert sous les bretelles de l'autoroute Dufferin a relancé le débat sur la pertinence d'ouvrir un centre d'injection supervisé pour les toxicomanes de Québec.

Le Soleil, Erick Labbé

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Matthieu Boivin
Le Soleil

(Québec) Même si elle n'est pas totalement contre l'idée, la conseillère d'Équipe Labeaume qui représente lequartier Saint-Roch, Chantal Gilbert, ne voit pas d'un bon oeil l'arrivée éventuelle d'un centre d'injection supervisé dans Saint-Roch.

Ce projet est piloté par l'organisme Point de Repères, qui vient en aide aux toxicomanes. Un tel service permettrait notamment, selon Mario Gagnon, directeur général de cet organisme basé rue Dorchester, de faire en sorte que les toxicomanes puissent s'injecter leurs drogues sous supervision médicale et, aussi, de diminuer le nombre de seringues souillées que l'on trouve dans les rues, les parcs et les autres espaces publics de la basse ville.

Malgré cette bonne volonté de M. Gagnon, Mme Gilbert est loin d'être convaincue que cette initiative est une bonne idée pour le quartier.

«Nous tentons présentement de revitaliser le quartier Saint-Roch et d'attirer des jeunes familles, argumente-t-elle. Je sais que dans mon quartier, il y a de nombreuses craintes à cet égard, autant chez les commerçants que les citoyens. Je me demande s'il n'y aurait pas un meilleur secteur que le centre-ville pour aménager ce service. Moi, j'avoue être inquiète et je demeure à être convaincue.»

Mme Gilbert exhorte les différents intervenants dans le dossier à bien consulter la population de Saint-Roch, avant de prendre une quelconque décision. «J'espère qu'on ne fera pas ça en catimini et nous arriver avec un projet déjà prêt, dans lequel les citoyens n'auront pas un mot à dire», ajoute-t-elle.

La conseillère du district de Saint-Sauveur, Geneviève Hamelin, émet aussi des réserves par rapport à ce projet. Elle souhaite également que le débat soit fait parmi la population et les différents intervenants.

«Est-ce que Québec est vraiment le premier endroit au Québec où un tel service devrait être offert? Est-ce qu'on peut se comparer à Vancouver? Ce qui est clair, c'est qu'ilyaura un gros travail à faire auprès de la population pour la convaincre.»

Consultation populaire

Au conseil de quartier de Saint-Roch, on sait que cet enjeu est très sensible parmi les résidants et les commerçants du quartier. Ainsi, les membres de ce conseil comptent mettre sur pied une consultation populaire à ce sujet, afin de connaître le point de vue des gens du secteur.

«On ne sait pas si ce sera par le biais d'une réunion publique ou par le biais d'un sondage, mais on veut que le citoyen qui souhaite chialer et poser des questions sur le sujet puisse le faire», explique Frédéric Poitras, le représentant des commerçants du conseil de quartier et copropriétaire du Cercle.

M. Poitras assure que M. Gagnon sera sollicité à l'occasion de cette consultation populaire. En son nom personnel, M. Poitras dit être en faveur de l'idée du centre d'injection supervisé.

«Je sais que M. Gagnon et son équipe prennent leur travail très à coeur, avance M. Poitras. Dans notre société, je crois qu'il faut aider ceux qui ont plus de difficultés.»

Joint au téléphone, Mario Gagnon, disait ne pas être surpris de la position de Mme Gilbert.

«Politiquement, c'est clair que ce n'est pas un projet vendeur. Les gens doivent savoir que je suis ouvert à ce que ce service ne soit pas dans Saint-Roch. Et je veux consulter tous les intervenants dans ce dossier, en partant de la population.»

En entrevue jeudi, une porte parole du ministère québécois de la Santé a indiqué qu'aucune décision n'était prise dans ce dossier. De plus, le Ministère attend de voir si la Cour suprême donnera raison au gouvernement conservateur de Stephen Harper, qui se bat depuis quelques années devant les tribunaux afin de faire fermer le centre d'injection supervisé de Vancouver, l'Insite.

S'injecter dans les bureaux de Point de Repères?

Même si son projet de centre d'injection supervisé est loin d'être une réalité, Mario Gagnon n'écarte pas qu'à «court ou à moyen terme», son organisme accueille, dans des situations exceptionnelles, des toxicomanes dans les bureaux de Point de Repères, situés rue Dorchester, pour qu'ils s'injectent leur drogue dure. Dans un contexte bien précis, par contre, où la vie d'un individu pourrait être menacée après qu'il eut consommé sa drogue dure.

«Moralement, je ne pourrais pas laisser une personne s'injecter sa drogue à l'extérieur si je sais que cette même personne a fait quelques overdoses récemment et que sa vie pourrait être en danger. Si cette personne vient chercher des seringues chez nous et que je fais cette évaluation, je pourrais éventuellement décider de la garder à l'intérieur de nos bureaux et la laisser s'injecter sa drogue dans nos locaux. Je ne pourrai pas laisser quelqu'un mourir sans intervenir.»

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