Voie réservée sur Robert-Bourassa: Labeaume furieux

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Régis Labeaume

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(Québec) Il n'y a pas que les automobilistes qui ragent depuis que le Réseau de transport de la Capitale (RTC) envisage de transformer en chaussée réservée aux autobus l'une des trois voies de l'autoroute Robert-Bourassa. Montré du doigt par plusieurs citoyens mécontents, le maire de Québec a sévèrement rabroué mercredi les fonctionnaires responsables du dossier pour leur «incompétence» à justifier cette décision. Ou plutôt, pour avoir oublié de la justifier.

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La Ville de Québec et le RTC ont reçu un «important nombre de plaintes» d'automobilistes.

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«Je m'excuse pour l'incompétence des gens qui ont travaillé là-dessus, pour les fonctionnaires incompétents qui n'ont aucune conscience de ce que c'est vivre en société, qui sont dans leur bulle. Je ne sais pas s'ils voient des humains dans une semaine. En tout cas, ceux qui ont travaillé là-dessus n'en ont pas vu depuis une secousse», s'est emporté le maire en entrevue mercredi soir.

Et d'ajouter: «J'espère que ces gens ne travailleront plus longtemps pour nous autres.»

Mardi, Le Soleil révélait le projet du RTC d'aménager trois voies réservées temporaires sur le réseau routier de Québec, dont une sur 3 km de Robert-Bourassa entre l'autoroute Félix-Leclerc et l'échangeur Charest. Depuis, la Ville de Québec et son transporteur ont reçu un «important nombre de plaintes» d'automobilistes, a-t-il été possible d'apprendre.

Mécontent de la grogne populaire dirigée contre son administration, le maire a convoqué mercredi après-midi les employés responsables du dossier pour exiger qu'ils sortent publiquement défendre leurs démarches. Et prennent le blâme.

«Le problème dans l'administration publique, c'est que les fonctionnaires font leur travail sans se demander les conséquences. "Les conséquences, on s'en fout parce que les politiciens vont ramasser." Je suis tanné de ça, a tonné M. Labeaume. Au RTC et à la Ville de Québec, ç'a été mené avec un amateurisme total par des parfaits incompétents.»

Conférence

Le maire a donc exigé la tenue d'une conférence de presse jeudi après-midi pour mieux expliquer les mesures prises pour atténuer l'impact des travaux sur l'échangeur Robert-Bourassa-Charest qui entrent sous peu dans leur phase la plus critique. L'impact sur la circulation devrait être particulièrement prononcé de mars 2011 à décembre 2012.

Essentiellement, on justifiera le recours aux voies réservées par le besoin d'assurer l'efficacité du service du RTC afin d'éviter de voir les usagers tourner le dos aux autobus et prendre leur voiture, ajoutant ainsi à la congestion, a pu apprendre Le Soleil.

Les gens au RTC se sont réunis jusqu'à tard mercredi soir pour préparer la rencontre. Joint au téléphone, le directeur des communications Claude Lévesque a préféré réserver ses commentaires pour l'instant.

Régis Labeaume a tenu à assurer qu'aucun politicien n'est responsable pour le cafouillis. «C'est sûr que, à la limite, c'est moi le responsable de la Ville et il y a le président du RTC [Raymond Dion], mais on ne peut pas suivre le travail de tout le monde 24 heures par jour.»

Le maire explique que le vote pris par les élus municipaux lundi soir pour entériner la création des voies réservés a été fait dans l'urgence. «Ça nous a été présenté par le RTC comme une urgence pour aider la population. Je me suis dit, si c'est pour aider la population avec les travaux, on va le voter.»

Celui-ci rappelle que «c'est le ministère des Transports qui fait les travaux. Nous là-dedans, on a à aider pour faire en sorte que ce soit moins compliqué pour la population». Le maire refuse de critiquer le MTQ, la reconstruction de l'échangeur étant devenue incontournable.

Il jette plutôt le blâme sur les employés du RTC et de la division des transports de la Ville. «Ça fait deux ans que je le dis : quand on sort quelque chose, il faut l'expliquer à la population. Les incompétents nous ont fait voter ça [lundi soir] et j'étais convaincu qu'il y avait une stratégie de communication. Mais il n'y en avait pas et ces incompétents se cachent depuis deux jours.»

«Ces gens ont des permanences, la sécurité d'emploi, et en quelque part, ils s'en foutent.» Et d'ajouter que depuis le début de la controverse, «ils se cachent, plus personne ne veut sortir. Le feu est pris et ils ont peur. Ce sont des pleutres».

Pas de feu vert du MTQ

Le Réseau de transport de la Capitale a beau vouloir une chaussée réservée sur l'autoroute Robert-Bourassa, elle n'est pas acquise. L'axe étant sous juridiction provinciale, le ministère des Transports doit donner son feu vert avant que les automobilistes doivent céder pendant près de deux ans le passage aux autobus sur l'une des trois voies de l'autoroute.

Au cabinet du ministre Sam Hamad, on dit que le dossier est présentement analysé.

«On n'a pas donné un oui automatique. On est ouvert, mais reste à voir si c'est faisable», explique Maxime Sauvageau, attaché de presse du ministre.

Reste que la réponse définitive devra être communiquée rapidement, la congestion devant s'accentuer d'ici quatre mois alors que les travaux sur l'échangeur Robert-Bourassa-Charest entreront dans leur phase critique en mars.

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