Mis sur pied en janvier 2009, ce groupe de travail propose 63 recommandations pour «mettre fin à l'étalement urbain» dans la région, recommandations qui seront débattues en consultation publique en septembre. «À ce stade de son développement, la Ville de Québec a besoin d'un tel outil moderne et performant. Surtout si elle veut attirer de grands événements internationaux. Il n'y a pas d'Olympiques, s'il n'y a pas de tramway», avance déjà le maire.
Le pari de l'administration Labeaume est de faire de ce mode de transport la locomotive du développement de la capitale jusqu'en 2030. Les deux lignes envisagées représenteront l'«épine dorsale» de cet ambitieux plan visant à densifier le coeur de la ville.
La note pour implanter le tramway sera toutefois salée. Pour évaluer son coût, le comité sur la mobilité durable a calculé que chaque kilomètre de voie coûterait 50 millions $ à aménager. Et comme les deux lignes feront bout à bout près de 29 km, le projet se chiffrera à 1,5 milliard $. Cette évaluation comprend tout, précise le maire : des trottoirs aux rails en passant par le repavage des routes et les wagons.
En théorie, le provincial devrait financer la totalité du projet, mais le maire compte solliciter le fédéral. «C'est un projet qui se fait sur 15 à 20 ans. Il va falloir créer des phases de développement. Je ne pense pas que le gouvernement va nous envoyer un chèque d'un milliard et demi et nous dire : "Vous me faites ça en deux ans."»
Comme le révélait Le Soleil, le premier tracé partira de Lévis (secteur Saint-Romuald) pour se rendre à D'Estimauville, un trajet de 22,3 km. La deuxième ligne de 6,6 km partira du Grand Théâtre pour se rendre aux Galeries Charlesbourg, à l'intersection de la 1re Avenue et de la 41e Rue.
Les deux lignes se croisant au coeur de Saint-Roch, l'implantation du tramway permettra de consolider la place du secteur comme véritable centre-ville. Le comité souhaite en effet que «le quartier retrouve sa vigueur économique qu'il avait avant le développement de la banlieue au début des années 60».
La densification entraînée aux abords des parcours du tramway permettra l'ajout de 22 600?logements ainsi que de deux millions de mètres carrés de locaux pour bureaux. Le comité évalue que ceux-ci représentent des investissements de 7,6 milliards $ sur 20?ans. À terme, ces nouvelles constructions permettront de nouvelles entrées de taxes de 145,5 millions $ par année dans les coffres de la Ville. Ces données ne tiennent pas compte des retombées des 50 000 autres logements prévus dans le plan à l'extérieur du corridor du tramway.
Infographie du tracé
Changement de cap majeur
Le choix du tramway pour propulser le développement de Québec représente un virage à 180?degrés du maire, qui s'était maintes fois opposé publiquement à ce mode de transport par le passé. «Il m'arrive d'avoir des brins de folie. Mais le tramway, c'est une grosse folie», avait-il lancé en plein conseil municipal en août 2008. Il accusait l'opposition de ne pas avoir le courage de faire du tramway un enjeu électoral. «Il n'y a qu'une seule façon de régler ça, c'est avec les élections. Qu'ils [les membres du RMQ] fassent une élection sur le tramway et ça va clarifier ça.»
En conférence de presse jeudi, Régis Labeaume a dit avoir pris des mois avant de changer d'opinion. «J'ai fait mon chemin de Damas.» Celui-ci reconnaît être parti «avec un préjugé défavorable au tramway. Ce qui était important, c'était de tester tous les modes de transport sur lesquels on pouvait tabler. Une fois fait cet exercice, le tramway s'imposait. On l'a pas fait à la mode. On s'aperçoit que ceux qui ont fait ce choix, que ce soit Minneapolis ou Portland, on comprend pourquoi. J'avais dit au comité qu'on sortirait avec un projet quand on va le sentir, quand on va l'avoir dans le sang».
Trafic lourd en vue
Sans plan de transport, le comité estime que 73 000 nouvelles voitures viendraient s'ajouter sur les routes de la capitale, alourdissant évidemment le trafic au passage. Afin d'éviter un tel scénario, la congestion commençant déjà à devenir problématique, l'objectif est de doubler le pourcentage de citoyens de Québec se déplaçant quotidiennement en transport en commun. De 9 % en 2006, le comité souhaite voir ce nombre passer à 20 % d'ici 2030.
Plan de mobilité durable (PDF 38 Mo; patience!)