Développement sur le promontoire à Sillery: le dernier mot au Ministère

Le ministère de la Culture veut notamment s'assurer... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Le ministère de la Culture veut notamment s'assurer que les boisés seront mis en valeur et que le caractère naturel des lieux sera préservé pour conserver l'ambiance bucolique du chemin Saint-Louis. Les boisés devront être conservés pour leur valeur et pour leur rôle dans l'organisation des espaces.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Yves Therrien
Le Soleil

(Québec) Le ministère de la Culture devra donner son autorisation pour tout développement dans l'arrondissement historique de Sillery pour ce qui touche les grandes propriétés et les grands domaines sur le promontoire le long du fleuve. Le Ministère aura le dernier mot sur les projets, même s'ils respectent les exigences municipales.

Six orientations seront mises de l'avant dans un document du Ministère, dont Le Soleil a obtenu copie, mais qui n'a pas encore été rendu public. La coalition des sept organismes des secteurs Sainte-Foy et Sillery aura une réponse aux préoccupations exprimées en début de semaine, car le développement immobilier et tous les aménagements seront soumis à des règles strictes sous réserve de l'approbation de la ministre Christine St-Pierre.

Dès le départ, le document intitulé Cadre de gestion pour les grandes propriétés de l'arrondissement historique de Sillery précise : «L'objectif premier des orientations consiste à préserver les caractéristiques patrimoniales de l'arrondissement historique de Sillery tout en lui permettant d'évoluer et de se transformer. Leur respect contribuera également à la mise en valeur des paysages culturels de l'arrondissement historique.»

Et l'on ajoute qu'il faudra une autorisation de la ministre de la Culture «avant de diviser, subdiviser, rediviser ou morceler un terrain, modifier l'aménagement, l'implantation, la destination ou l'usage d'un immeuble, faire toute construction, réparation ou modification relative à l'apparence d'un immeuble, démolir en tout ou en partie un immeuble, ériger une nouvelle construction, faire un nouvel affichage, modifier, remplacer ou démolir une enseigne ou un panneau-réclame. Les autorisations de travaux peuvent comporter des conditions auxquelles toute personne qui désire entreprendre l'un de ces actes doit se conformer».

Les projets seront donc analysés un par un en fonction de l'impact qu'ils auront sur l'arrondissement, et l'autorisation de la ministre s'ajoute à la réglementation municipale.

Pour le Ministère, il s'agit de préserver les grands domaines en évitant leur morcellement par la création de nouvelles rues ou par du lotissement parce que ces domaines témoignent de différentes époques d'occupation du promontoire de Sillery.

Plus encore, on ajoute l'obligation de respecter le caractère paysager en protégeant les grands espaces. «Toute nouvelle construction sur les propriétés conventuelles devrait tenir compte des dégagements visuels en cour avant, afin de protéger la vision monumentale de ces édifices. Lorsque les couvents et les villas sont orientés vers le fleuve, les parterres situés entre les bâtiments et la falaise doivent demeurer libres de construction.»

Le Ministère veut aussi s'assurer que les boisés seront mis en valeur et que le caractère naturel des lieux sera préservé pour conserver l'ambiance bucolique du chemin Saint-Louis. Les boisés devront être conservés pour leur valeur et pour leur rôle dans l'organisation des espaces.

Plus encore, les percées visuelles vers le fleuve et la rive sud devront être conservées. Il ne pourrait être question selon ce que l'on comprend du document qu'il y a des constructions en hauteur bouchant la vue depuis la rue.

Le document mentionne aussi qu'il faut respecter l'architecture et les systèmes d'aménagement des grands domaines en favorisant le recyclage et l'agrandissement des édifices existants et inutilisés au lieu de la construction de nouveaux bâtiments.

«L'ajout de nouvelles ailes n'affecte donc pas, de prime abord, l'intégrité de ces édifices. De plus, cette solution permet de préserver davantage d'espaces verts autour des couvents, situés souvent au centre de leurs parcelles», indique-t-on.

En dernier lieu, les gabarits des nouvelles constructions seront contrôlés en fonction de leur impact sur le paysage et sur le milieu de vie.

Avenir de l'arrondissement

Le document poursuit en affirmant que l'avenir de l'arrondissement repose aussi sur la volonté du milieu d'intervenir dans le respect de l'environnement patrimonial, non seulement sur la réglementation municipale et des guides d'intervention. Peu importe l'envergure des interventions, celles-ci doivent contribuer à la poursuite d'un legs historique et culturel de qualité pour la société québécoise, conclut le document du Ministère.

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