Squat Basse-Ville: plus du double de fugueurs hébergés en six ans

(Québec) Selon sa directrice générale Louise Fortin, une fermeture de Squat Basse-Ville en cas d'incapacité de payer d'éventuelles amendes imposées par l'administration municipale serait catastrophique pour les jeunes fugueurs de la capitale, dont le nombre a plus que doublé en six ans.

«En 2003, 335 mineurs ont été hébergés chez nous et 693 y ont effectué des visites pour manger, prendre une douche ou laver leurs vêtements. Cette année, en date du 14 novembre, on parlait plutôt de 770 jeunes hébergés et 2071 visiteurs», explique Mme Fortin, qui attribue la situation à la nouvelle Loi sur la protection de la jeunesse adoptée depuis deux ans.

«Sauf pour les jeunes contrevenants en détention, les portes des centres jeunesse ne sont maintenant plus barrées et les jeunes peuvent donc entrer et sortir comme ils le veulent! Évidemment, cette mesure a provoqué une hausse des fugues», poursuit-elle.

Squat Basse-Ville dispose de 10 lits où les jeunes en fugue peuvent passer trois nuits. Ils doivent ensuite se soumettre à une période de carence de 10 jours, mais peuvent par la suite y retourner pour trois autres nuits.

«Notre but est de favoriser le retour des jeunes dans leur milieu d'appartenance. Il y a un besoin à Québec pour ces services. Si les jeunes en fugue ne viennent pas ici, ils ont beaucoup plus de chances d'aboutir dans le milieu des gangs de rue ou de la prostitution juvénile», indique la directrice générale.

Pour elle, une fermeture, même temporaire, serait catastrophique. «Nous ne pouvons nous permettre de fermer en  attendant de déménager, car il faudrait alors tout recommencer à zéro. Les jeunes auraient passé à autre chose et il faudrait refaire tous les contacts avec les organismes du milieu.»

Nouveaux locaux

Squat Basse-Ville souhaite faire en 2010 l'achat d'un terrain pour y bâtir ses nouveaux locaux grâce à une subvention du Programme d'amélioration des maisons d'hébergement. Le projet prévoit des locaux plus grands, mieux aménagés et l'ajout de logements sociaux pour les jeunes.

«Le projet a été déposé à la Ville en juillet. Nous aimerions bien déménager demain, mais le terrain que nous visons est peut-être contaminé, alors on parle d'un an pour la décontamination avant de pouvoir débuter la construction», conclut Mme Fortin, qui souhaite que son organisme puisse emménager dans son nouveau domicile au plus tard à la fin de 2011.

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