«Je veux un opposant. Ce n'est pas une bonne chose d'être seul» dans la course à la mairie, juge le maire Labeaume. Mais surtout, il veut forcer la main à l'opposition officielle, qu'il accuse de manquer de courage.
«Ils [les membres du RMQ] font preuve d'un trésor d'imagination pour éviter un débat à la mairie [...] On semble espérer un siège de conseiller plutôt que de débattre d'égal à égal [...] Si vous êtes pour chialer parce que je suis seul [dans la course], bien, présentez quelqu'un [...] Il faut que les bottines suivent les babines», lance-t-il, visiblement exaspéré des critiques des dernières semaines à son égard.
Le système de colistier permet au chef défait d'un parti d'occuper le siège d'un conseiller élu, si ce dernier accepte. Montréal jouit de ce système, mais pas Québec, qui devrait adopter un règlement en ce sens.
Pour le maire Labeaume, Anne Beaulieu, actuelle chef du RMQ, est la candidate idéale pour l'affronter. Il a même tenté de la convaincre à différentes occasions lors de la séance du conseil municipal de lundir.
Tactique politique
La principale intéressée a immédiatement décliné l'offre. Une décision irrévocable. Certes, elle a accepté de devenir chef de l'opposition. Toutefois, elle ne se sent pas prête à occuper le poste de maire parce qu'elle en est seulement à son premier mandat comme élue à la Ville.
Pour elle, la proposition du maire tient davantage de la tactique politique qu'à un véritable désir d'assurer un débat démocratique. «Il peut ainsi nous accuser de manque de courage», soutient-elle.
Candidat recherché
Mme Beaulieu explique qu'il n'est toujours pas exclu que son parti présente un candidat aux élections de novembre. «Nous sommes toujours à la recherche d'une personne à l'extérieur du RMQ qui serait intéressée à se présenter à la mairie.»
D'autre part, elle croit qu'il peut y avoir un débat sur l'avenir de la ville même sans candidat au poste de maire et que les membres de son parti feront en sorte qu'il ait lieu à l'automne.