«J'ai été informé de la vente du Canadien tôt ce matin [hier], et on m'a dit que les frères Molson n'auraient pas besoin du prêt de 100 millions $ qui avait été offert par Investissement Québec. Cette offre les aurait aidés dans leurs négociations et ils auraient obtenu un meilleur taux sur les marchés internationaux», expliquait hier le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand.
Celui-ci n'a d'ailleurs pas hésité à affirmer que le prêt qui visait à aider les groupes québécois dans leur montage financier serait toujours disponible si jamais Quebecor ou BCE décidaient de tenter d'amener une équipe de la LNH à Québec après avoir échoué dans leurs tentatives d'acheter le Tricolore.
«Bien sûr que cette somme serait encore disponible dans des circonstances similaires. Nous voulions 250 millions $ d'équité derrière nous, alors le risque était limité. Il ne faut pas oublier que la transaction inclut aussi le Centre Bell et le Groupe Spectacles Gillett», poursuit M. Bachand.
Le ministre a aussi avoué son intérêt à voir la LNH revenir éventuellement dans la capitale. «L'économie de Québec a beaucoup progressé depuis le départ des Nordiques en 1995. Il y a beaucoup plus d'entreprises pour acheter des billets et des loges corporatives. Je serais très enthousiaste envers un tel projet», poursuit-il.
Il insiste cependant sur l'importance de la viabilité financière d'un retour du hockey de la LNH à Québec. «Ultimement, malgré la passion et l'enthousiasme des amateurs, il faut qu'une équipe de hockey soit une entreprise rentable», indique-t-il.
Là encore, cependant, les conditions seraient plus favorables qu'en 1995, selon le ministre des Finances. «Maintenant, la LNH a un plafond salarial comme dans la NFL. Le hockey a mis de l'ordre dans ses affaires.»
Raymond Bachand estime aussi que le plafond salarial a contribué à offrir un produit de meilleure qualité aux amateurs de notre sport national.
«Au cours des dernières semaines de la saison, il y avait encore une douzaine d'équipes qui bataillaient pour une place dans les séries. On constate ainsi que le plafond a contribué à rééquilibrer les forces.»
Investisseurs québécois
Par ailleurs, le ministre Bachand estime que la vente du Canadien à la famille Molson représente une bonne nouvelle, puisque l'équipe de hockey retourne entre les mains d'investisseurs québécois.
«Je salue la famille Molson, qui est enracinée au Québec depuis de nombreuses années et qui désire encore y investir. C'était positif de voir le Canadien susciter de l'intérêt de la part de gens comme eux, Steven Bronfman et Pierre Karl Péladeau», conclut
le ministre.
«J'espère que BCE ou Quebecor pensera à Québec» - Mario Bédard
Mario Bédard, promoteur d'un nouvel amphithéâtre multifonctionnel à Québec, a dit hier espérer que BCE ou Quebecor se tournent vers la capitale après avoir échoué dans leurs tentatives de se porter acquéreur du Canadien de Montréal.
«Ce serait un souhait pour moi. J'espère que BCE ou Quebecor pensera à Québec. Je peux vous dire que si j'avais atteint mon objectif de vendre 5000 sièges dans le futur amphithéâtre, je lâcherais tout de suite un coup de fil à BCE et à Quebecor!» a confié Bédard au Soleil.
Celui dont le groupe jaima place.ca a accumulé 7,7 millions $ en vendant les droits sur 1535 sièges et 70 salons dans le futur amphithéâtre se réjouit également de l'intérêt suscité par la vente du Canadien.
«Quand George Gillett avait acheté l'équipe, il était seul en piste, alors que cette fois-ci, il y avait quatre groupes sur les rangs! Si BCE et Quebecor étaient vraiment intéressés à avoir une équipe de hockey, ils pourraient peut-être acheter une formation en difficulté et tenter de l'amener à Québec», suggère-t-il.
Le comptable du groupe Mallette fait même remarquer que les Coyotes de Phoenix, les Thrashers d'Atlanta ou le Lightning de Tampa Bay seraient beaucoup moins onéreux que le Bleu-blanc-rouge.
«Bien sûr, ces équipes n'ont pas le prestige et la tradition du Canadien, mais avec des offres d'achat qui tournent autour de 212 millions $, l'achat d'une franchise comme celles-là pour l'amener à Québec pourrait s'avérer être une belle opportunité», poursuit-il.
Mark Charest motivé
Lui aussi intéressé à ériger un nouvel amphithéâtre à Québec pour y ramener la Ligue nationale de hockey (LNH), Mark Charest partageait l'enthousiasme de Mario Bédard hier.
«Ça nous motive beaucoup, car ça nous ouvre des portes. L'engouement suscité par le Canadien vient rouvrir le potentiel du marché de Québec», estime le promoteur du projet de Centre Nordik.
«Notre vision, soit que les marchés naturels de glace comme Québec vont faire un retour en force, est en train de se confirmer, car le plan de Gary Bettman consistant à développer le hockey dans le sud des États-Unis ne fonctionne pas», indique-t-il.
Mark Charest ne détesterait pas voir Quebecor et les Productions Feeling, qui avaient déposé une offre pour le Canadien, approcher la firme qui mène le projet de financement de son groupe.
«Je verrais bien une association entre un groupe québécois et une grande compagnie américaine ou européenne pour construire le futur amphithéâtre et faire revivre la LNH à Québec», conclut-il