RTC: souriez, vous êtes filmés...

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Les caméras commenceront à faire leur apparition dans les autobus au cours des prochaines semaines.

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Mathieu Boivin et Geneviève Bouchard
Le Soleil

(Québec) Comme le réclamaient depuis belle lurette les chauffeurs du Réseau de transport de la Capitale (RTC), certains autobus et terminus seront bientôt équipés de caméras de surveillance. L'objectif : réduire le vandalisme et prévenir les agressions physiques contre les chauffeurs et les passagers.

Les caméras commenceront à faire leur apparition «dans les prochaines semaines», a indiqué hier le président du RTC, Gilles Marcotte, au terme de l'assemblée du conseil d'administration, qui a adopté à l'unanimité la nouvelle politique.

Pour des raisons de «confidentialité et de sécurité», le RTC refuse de dire combien d'autobus et quels abribus seront filmés. On garde également secret le coût de cette initiative. «Si nous divulguons le montant, les gens seront en mesure de calculer le nombre de caméras que nous avons installées», précise Carole Brousseau, porte-parole du RTC.

Mme Brousseau explique que tous les véhicules du RTC changent de parcours régulièrement. Les autobus équipés de caméras couvriront donc à tour de rôle l'ensemble du réseau, sans que les passagers sachent s'ils sont ou non filmés.

«Tous les véhicules vont être munis d'un ou de plusieurs globes dans lesquels seront cachées les caméras, explique Mme Brousseau. Même si l'autobus n'a pas de caméra, elle aura quand même ce globe, afin de faire croire qu'il y a une caméra. Il sera ainsi impossible pour les usagers de faire la différence.»

Selon la politique adoptée hier, les images captées seront conservées pendant 14 jours avant d'être supprimées, si aucun incident n'est survenu. Elles ne pourront pas non plus être utilisées contre les chauffeurs pour des mesures disciplinaires, selon Carole Brousseau. «Les images seront stockées dans un ordinateur, et personne ne les regardera en temps réel. Si nous avons besoin d'une séquence, nous irons la chercher, et uniquement la séquence nécessaire.»

«Il faut arrêter ça!»

Avec l'arrivée de ces caméras, le RTC espère que les agressions contre les membres de son personnel diminueront. «L'année dernière, quelqu'un a reçu une bouteille en plein visage... Il faut arrêter ça!» lance Gilles Marcotte.

En 2008, 39 chauffeurs ont été agressés physiquement par un ou des clients, contre 43 en 2007 et 49 en 2006. Ces attentats vont des coups aux crachats en passant par «des objets portés au visage», note Carole Brousseau. En juillet 2007, à Cap-Rouge, une chauffeuse a même été menacée à la pointe d'un couteau. «Certains chauffeurs peuvent garder des traumatismes de ces agressions», ajoute Mme Brousseau.

Le RTC s'est inspiré d'expériences positives menées ailleurs au Québec. À Montréal, à Laval et à Trois-Rivières, dit-on, l'effet dissuasif des caméras a été observé. «À Laval par exemple, une diminution de 50 % des agressions physiques contre les chauffeurs a été enregistrée», avance Carole Brousseau.

Jointe à son bureau, la présidente fraîchement élue du syndicat des chauffeurs du RTC, Manon Brousseau, disait être satisfaite de cette initiative patronale. «Là où ils ont des caméras, les résultats ont été très bons», indique Mme Brousseau, qui n'a aucun lien de parenté avec la porte-parole Carole Brousseau. «La sécurité des chauffeurs est un sujet très délicat parmi nos membres.»

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