Les évadés de Québec n'aimaient pas la «petite cour»

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Une meilleure collaboration entre la Sûreté du Québec, le ministère de la Sécurité publique et les autorités du Centre de détention aurait permis de croiser différentes informations, dont le danger d'évasion de ces trois détenus.

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(Québec) Les trois évadés du Centre de détention de Québec se sont plaints de la «petite cour» avant d'avoir accès à la «grande cour», où un hélicoptère est venu les cueillir l'été dernier.

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La ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault.

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La ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, a rendu public jeudi le rapport de Me Michel Bouchard sur son enquête à propos de l'évasion du 7 juin.

Quelques jours avant leur évasion, Yves Denis, Denis Lefebvre et Serge Pomerleau ont vu leur cote de sécurité abaissée. Leur avocat menaçait alors de faire avorter le procès parce que ses clients n'avaient pas d'ordinateurs pour accéder à l'imposante preuve, nuisant à leur capacité de présenter une défense pleine et entière.

Le juge Louis Dionne a fait part de ce risque à la directrice de l'établissement qui, se sentant «coincée», a consenti «de bonne foi» à assouplir leurs conditions de détention. Sauf que cet assouplissement a offert aux détenus un environnement propice à l'exécution de leur plan.

«Tout en respectant l'ordonnance du juge Dionne, les autorités de l'établissement de détention auraient pu décider de limiter les sorties extérieures de ces personnes aux petites cours», écrit Me Bouchard. Il est «certain», affirme-t-il, que le juge leur aurait refusé l'accès à la grande cour.

Quatre jours avant l'évasion, les détenus chipotaient sur leur temps de sortie extérieure «dans la cour numéro 4», la petite. «Cette cour ne semble pas leur plaire», mentionne une note au dossier. Ils se sont envolés par la grande cour, à l'étonnement d'une gestionnaire, qui ne «croyait pas que ces individus pouvaient y avoir accès».

Une meilleure collaboration entre la Sûreté du Québec, le ministère de la Sécurité publique et les autorités du Centre de détention aurait permis de croiser différentes informations, dont le danger d'évasion de ces trois détenus.

Les différents corps hésitent à se partager de l'information, notamment en raison d'une «certaine méfiance» des policiers envers les employés des services correctionnels. Des éléments «corrompus» ou intimidés au sein du personnel font entrer de la marchandise, de la drogue ou des cellulaires en prison. Alors que les sorties ne sont pas annoncées à l'avance aux détenus, il n'a fallu que 13 minutes à l'hélicoptère pour venir les chercher une fois arrivés dans la cour.

Fouilles systématiques

Parmi ses recommandations, Me Bouchard suggère d'ailleurs une fouille de toutes les personnes, incluant le personnel, avant l'admission dans un centre de détention.

L'enquête déplore aussi que l'évasion de l'année précédente à Saint-Jérôme n'ait pas fait naître un «sentiment d'urgence» pour se prémunir contre une tentative future. Ni par la formation ni par l'installation de filet de sécurité. 

La caméra n'a pas filmé l'évasion parce qu'elle était braquée sur des pinces coupantes jetées au sol à partir de l'hélicoptère. L'opérateur de la caméra craignait que d'autres détenus de la cour s'en emparent pour s'évader à leur tour.

La ministre Thériault a fait savoir jeudi qu'elle entendait mettre en application chacune des six recommandations du rapport Bouchard. Des correctifs ont déjà été apportés au sein de son ministère, assure Mme Thériault. Elle ne veut pas se lancer dans une «chasse aux sorcières» envers ceux qui ont pu cafouiller ou lui transmettre de la mauvaise information.

Les trois évadés de Québec, qui ont cavalé pendant deux semaines avant d'être épinglés dans la métropole, ont récemment été reconnus coupables de gangstérisme et de trafic de drogue.

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