Des ingénieurs devant le conseil de discipline

Deux employés de la firme Roche, André Côté... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Deux employés de la firme Roche, André Côté et Denis St-Cyr, ont démissionné de leurs postes respectifs avant qu'ils ne soient nommés à la commission Charbonneau.

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(Québec) Une première succession d'ingénieurs soupçonnés de corruption ou de collusion dans le monde municipal sera traînée devant le conseil de discipline de leur ordre professionnel cette semaine.

C'est précisément mardi que l'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) dévoilera une première série de noms d'ingénieurs qui devront se soumettre au processus disciplinaire. Selon nos informations, il s'agirait surtout d'ingénieurs de la région de Montréal.

Ces annonces se feront dans la foulée des révélations qui continuent d'abonder à la commission Charbonneau.

En début de semaine, deux ex-ingénieurs de la firme AECOM-Tecsult ont mis au jour un système de collusion à Québec et à Gatineau. Dans la capitale, huit firmes de génie-conseil se sont concertées sur une base régulière entre 2006 et 2011 pour maintenir les prix des contrats publics au plus haut. La Ville de Lévis n'a pas été épargnée, a-t-on aussi appris. Toutefois, aucun ingénieur de Québec mêlé à la collusion ne se retrouvera pour le moment au rôle du conseil de discipline de l'OIQ.

Une centaine d'enquêtes

L'Ordre des ingénieurs a déjà ouvert une centaine d'enquêtes en lien avec de la collusion et de la corruption dans certaines municipalités du Québec.

La moitié des vérifications viserait des ingénieurs qui ont témoigné devant la juge France Charbonneau ou, du moins, qui ont été portés à son attention.

Comme Le Soleil le révélait vendredi, la moitié des ingénieurs soupçonnés de collusion à Québec et nommés dans le cadre de l'enquête publique ne travaillent plus dans leur firme respective.

C'est notamment le cas d'André Côté et de Denis St-Cyr, deux employés de Roche qui ont quitté l'entreprise juste avant que leurs noms sortent à la commission Charbonneau. Roche avait appris avant le public que ses deux travailleurs allaient être mis en cause, grâce à son statut de participant aux audiences.

Ce ménage à l'interne constitue-t-il la meilleure façon de regagner la confiance du public? À l'OIQ, on estime que «tous les acteurs doivent jouer un rôle», bien qu'on mise sur des sanctions disciplinaires.

Protéger le public

«Ça ne dispensera pas l'Ordre d'appliquer son processus disciplinaire, donc [d'avoir] des enquêtes rigoureuses et ensuite des sanctions exemplaires», affirme le conseiller en communications de l'OIQ, Patrick Leblanc. «Nous, on a un rôle de protection du public», ajoute-t-il.

M. Leblanc prend soin de préciser qu'un ingénieur fautif qui se retire de l'Ordre des ingénieurs ou qui prend sa retraite peut tout de même être traîné devant le conseil de discipline pour répondre de ses actes.

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