Le résultat d'un «laisser-aller», selon un expert ferroviaire

L'explosion d'un train a dévasté le centre-ville de... (Photo: Mathieu Bélanger, Reuters)

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L'explosion d'un train a dévasté le centre-ville de Lac-Mégantic dans la nuit de vendredi à samedi.

Photo: Mathieu Bélanger, Reuters

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Tragédie à Lac-Mégantic

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Tragédie à Lac-Mégantic

Un convoi ferroviaire transportant du pétrole brut a explosé à Lac-Mégantic, le 6 juillet, faisant plusieurs morts et rasant la quasi-totalité du centre-ville historique de cette municipalité. »

(Québec) Le déraillement de train à Lac-Mégantic rappelle de manière tragique le «laisser-aller» sur les chemins de fer aux intérêts privés, selon l'expert ferroviaire Denis Allard.

Le président du Fonds mondial du patrimoine ferroviaire, un regroupement de passionnés du rail basé à Québec, n'hésite pas à accuser les propriétaires du chemin de fer Montreal, Maine and Atlantic sur lequel s'est produit le sinistre.

Il soupçonne que le chef de train n'a pas mis le nombre minimum de freins à main requis avant de partir pour la nuit.

Même s'il croit que l'accident est le résultat d'une «erreur humaine», M. Allard affirme que la compagnie américaine Rail World, qui exploite le chemin de fer, doit également répondre de son manque d'investissements dans les infrastructures et la sécurité.

Denis Allard parle d'ailleurs de Montreal, Maine and Atlantic comme d'un parc de locomotives «de seconde main».

«La culture de la compagnie au niveau de la sécurité, c'est important. Quand il arrive un accident, c'est la preuve qu'il n'y en a pas dans la compagnie», lance-t-il.

«C'est certain qu'il y a un laisser-aller dans cette compagnie-là. S'il n'y a pas d'investissements sur le rail, dans le matériel roulant et dans la sécurité, ça donne le portrait global de l'entreprise», ajoute M. Allard.

Il faut, selon lui, repenser toute la sécurité entourant les chemins de fer d'intérêt local, dont les gestionnaires ont tendance à «tordre le citron», en coupant notamment le nombre d'employés dans les trains.

M. Allard soutient que le gouvernement fédéral doit intervenir dans le financement des lignes de chemin de fer secondaires. «Si on investissait autant que sur le réseau routier, il n'y en aurait pas de problème. Là, on réalise que la privatisation ne s'applique pas forcément partout.»

«Les subventions, c'est ce qui permet aux compagnies [ferroviaires] de mieux fonctionner. Quand elles fonctionnent mieux, elles peuvent former le personnel et avoir une culture de sécurité, ce qui n'est pas le cas avec Montreal, Maine and Atlantic», résume Denis Allard.

Le passionné des questions ferroviaires propose finalement d'interdire le transport de matières dangereuses sur les lignes de chemin de fer «où il n'y a pas eu suffisamment d'investissements».

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