Procès Laliberté: l'accusé clame son innocence

Pierre-Olivier Laliberté, le jour de sa première comparution... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Pierre-Olivier Laliberté, le jour de sa première comparution au palais de justice de Québec, afin d'y être accusé du meurtre au premier degré de Michaël Cadieux.

Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) «C'est pas moi qui a fait ça!» Les poings serrés, le corps tendu comme un fil de fer, Pierre-Olivier Laliberté n'a pu retenir cette exclamation mercredi, poussé à bout par le procureur de la Couronne, Me Jean-Roch Parent.

Le jeune homme de 25 ans, vêtu d'un jeans et d'une chemise à petits carreaux, a passé la journée à la barre, en cette sixième journée de son procès pour le meurtre de Michaël Cadieux et la tentative de meurtre sur Barbara Fortin Saint-Pierre.

D'abord très calme et s'exprimant avec un vocabulaire soigné, Pierre-Olivier Laliberté, interrogé par son avocat, Me Alain Dumas, a expliqué qu'à l'heure du meurtre dans Saint-Sauveur, vers 4h dans la nuit du 11 au 12 juin 2011, il dormait «profondément» dans son lit, chez son père, à Cap-Rouge.

Plus tôt dans la journée, il avait quitté son emploi de cuisinier au Normandin après une dispute avec son gérant et s'était payé une virée dans les bars de danseuses Le Folichon et La Broussaille.

Son père, qui lui avait imposé un couvre-feu à 23h et interdit de consommer de l'alcool et des stupéfiants, et sa mère l'appelleront une trentaine de fois dans la soirée sans obtenir de réponse. «Je l'ai un peu échappé», a convenu le jeune homme.

Dès le début du contre-interrogatoire, qui prend des allures de combat de boxe, l'accusé montre des signes d'exaspération; il referme les poings, serre les mâchoires.

La tension atteint un sommet lorsque le procureur de la Couronne, Me Jean-Roch Parent, questionne âprement l'accusé sur son absence aux funérailles de Michaël Cadieux et sur le fait qu'il n'a jamais pris de nouvelles de Barbara, sa collègue de classe de l'école Boudreau, après l'agression.

«Ce n'était pas approprié, c'était seulement des connaissances», a répété l'accusé, qui appelait pourtant la jeune fille «baby» et «ma poule» dans les messages-textes qu'il lui envoyait.

Trois semaines après le meurtre, Pierre-Olivier Laliberté a téléphoné à Barbara pour s'enquérir de sa santé et l'inviter à un «party» de départ qu'il donnera avant de partir étudier à Saint-Félicien.

Pourquoi l'avoir fait à ce moment-là? a voulu savoir la poursuite. «Parce que du temps avait passé», a répondu Laliberté. «Est-ce que ce n'était pas plutôt parce qu'elle avait moins de chance de vous reconnaître?» a rétorqué Me Parent, d'un ton caustique.

Pierre-Olivier Laliberté a nié avoir eu un oeil sur Barbara. «Je la trouvais agréable à regarder et à fréquenter, a concédé le jeune homme. Mais c'était contre mes principes car elle a un chum et il y avait une bonne différence d'âge.»

La victime survivante, Barbara Fortin Saint-Pierre, a écouté le témoignage de l'accusé sans broncher, le plus souvent assise sur le bout de sa chaise.

Le procureur de la Couronne s'est beaucoup intéressé à la visite que Pierre-Olivier Laliberté a faite chez sa mère, dans l'après-midi du 12 juin, soit quelques heures après le drame dans Saint-Sauveur.

Surtout au fait que, quelques minutes après son arrivée, le jeune homme ait consulté le site Web de Cyberpresse. En manchette, il a vu la photo de l'immeuble où vivaient Michaël et Barbara et un article qui relatait la sauvage agression. L'accusé a dit en cour mercredi avoir «eu l'impression que c'était Michaël et Barbara», en parlant des victimes citées dans le reportage du Soleil.

«Est-ce à ce moment-là que votre mère vous demande si c'est vous qui avez fait ça?» lui lance le procureur de la Couronne. «Elle ne m'a jamais demandé ça», répond l'accusé, tout en soutenant le regard de l'avocat de la poursuite durant de longues secondes.

Le contre-interrogatoire de Pierre-Olivier Laliberté se poursuivra ce matin.

La Couronne tente de prouver la culpabilité de l'accusé notamment grâce à des traces d'ADN de Pierre-Olivier Laliberté trouvées sous les ongles de Barbara Fortin Saint-Pierre. La victime a affirmé avoir agrippé son agresseur par le cou.

Michaël Cadieux est mort après avoir reçu 14 coups de couteau.

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