Disparition de Roger Roy de Cap-Chat: après les aveux, le deuil

Béatrice Lajoie tient la photo de son mari,... (Photo collaboration spéciale Johanne Fournier)

Agrandir

Béatrice Lajoie tient la photo de son mari, Roger Roy, disparu il y a 37 ans. Elle est entourée de ses enfants, Réjean, Rose-Anna et Rose-Aline.

Photo collaboration spéciale Johanne Fournier

Partager

Johanne Fournier

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Cap-Chat) La famille de Roger Roy de Cap-Chat pousse un soupir de soulagement depuis qu'un détenu de la prison de Port-Cartier, Vital Lemire, a admis avoir tué son ancien voisin, il y a près de 38 ans. Depuis que l'homme est passé aux aveux dans une lettre envoyée à Claude Poirier de TVA, la femme et les enfants du disparu ont le sentiment que cette confession vient percer le mystère qui les accablait depuis toutes ces années.

«Je ne me donne pas grand temps avant d'être enterré, écrit le prisonnier. Il est arrivé un incident et j'ai enterré Roger Roy de Cap-Chat, en Gaspésie, en 1976. Mais avant, je voudrais donner le corps à la famille. Je voudrais que la famille fasse son deuil et moi, partir en paix.»

Depuis ce temps, la femme de Roger Roy affirme vivre son deuil. «Je pleure depuis deux jours», raconte Béatrice Lajoie, qui célébrait ses 83 ans vendredi. «Je revis toute cette histoire, comme si c'était arrivé hier. J'avais jamais cru qu'il était mort. Je le croyais toujours vivant.» Sa fille, Rose-Anna, n'a pas la même opinion. «J'ai toujours pensé que c'était Vital Lemire qui l'avait tué», laisse-t-elle tomber.

Selon l'aînée de la famille, les faits remontent en septembre 1975. Son père, qui se soûlait à l'occasion, s'était battu, trois semaines avant sa disparition, avec Vital Lemire, qui était son voisin. Mais cela n'a pas empêché les deux hommes de partir à la chasse ensemble.

«Ils sont partis vers le 26 septembre à une centaine de milles de Cap-Chat», se souvient Rose-Anna, qui avait 25 ans. «Deux jours plus tard, Vital est revenu avec le matériel et le véhicule de mon père, en disant que mon père était resté là avec deux Américains. Je trouvais ça bizarre parce que mon père ne parlait pas un mot d'anglais. Mais après un mois, il n'était toujours pas revenu.»

«La police a retrouvé du sang sur le siège arrière du véhicule, continue-t-elle. Vital a dit que papa s'était battu et qu'il l'avait couché sur le siège parce qu'il était chaud.»

Selon la sexagénaire, qui habite Québec depuis plusieurs années, des enquêteurs de la Sûreté du Québec sont venus la questionner trois fois. «Je voulais récupérer le fusil, un 303 de l'armée, que je lui avais acheté pour sa fête, quelques jours avant et avec laquelle il était parti à la chasse, souligne-t-elle. La police m'a dit qu'ils avaient brûlé les armes. Je n'ai jamais compris. C'était des pièces à conviction.»

Fouilles infructueuses

Pour sa part, son frère se rappelle que les policiers ont fait des fouilles un peu partout dans la région. «Ils ont même fait creuser un ancien puits avec une pépine, raconte Réjean Roy. Vital Lemire leur disait que s'ils trouvaient le corps, il accepterait de parler.»

Leur autre soeur, Rose-Aline, souhaite rencontrer le présumé meurtrier de son père, qui purge une peine pour agressions sexuelles sur quatre femmes et un homme, dont des mineurs. «Il paraît qu'il veut parler à un enfant de Roger Roy, intervient-elle. J'ai appelé quatre fois à la prison de Port-Cartier, mais je n'ai pas réussi à lui parler. Si j'ai l'autorisation d'aller le rencontrer, je vais y aller avec mon frère Réjean, mais à condition qu'il nous dise l'endroit exact où il a enterré papa.»

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer