L'UPAC ne doit pas devenir un levier politique, plaide Lafrenière

«Il faut faire attention pour ne pas nuire... (Le Soleil, Jocelyn Bernier)

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«Il faut faire attention pour ne pas nuire à des réputations», soutient Robert Lafrenière, le commissaire de l'UPAC.

Le Soleil, Jocelyn Bernier

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(Québec) L'Unité permanente anticorruption (UPAC) ne doit pas devenir un levier politique pour les politiciens d'opposition, plaide le commissaire Robert Lafrenière, en cette année électorale au palier municipal.

M. Lafrenière sait très bien que lorsque l'UPAC débarque dans les bureaux d'une entreprise, d'une municipalité et d'un bureau d'ingénieurs, les soupçons s'éveillent rapidement dans l'opinion publique. Pourtant, il rappelle qu'une intervention sur le terrain de l'UPAC ne veut pas dire assurément qu'il y a de la malversation dans l'air.

«Quand l'UPAC va quelque part chercher des documents, ça ne veut pas dire qu'il va y avoir automatiquement des arrestations trois mois après, un an après.»

M. Lafrenière craint que des politiciens d'opposition brandissent la menace de l'UPAC pour influencer les sondages.

Au début février, le parti d'opposition Action Lévis a affirmé publiquement avoir appelé l'UPAC, afin que celle-ci s'intéresse aux nombreux dépassements de coûts des travaux d'une usine d'eau potable de Lévis. En entrevue avec Le Soleil, le président du parti James Redmond a assuré que son groupe ne voulait accuser personne.

«Mais nous, on croit qu'il y a matière à faire enquête», a-t-il plaidé.

Action Lévis dénonçait notamment le fait que l'ingénieur Gaétan Morin du groupe Roche, déjà accusé au criminel pour une affaire prétendue de corruption, ait continué à travailler à ce projet d'usine d'eau. La mairesse de Lévis avait d'ailleurs menacé de poursuivre des représentants d'Action Lévis au civil à la suite de cette sortie publique.

«On veut surtout pas devenir un levier politique pour des oppositions», a déclaré M. Lafrenière.

«Il faut faire attention pour ne pas nuire à des réputations», a-t-il ajouté.

Dans la même lignée, le commissaire a assuré jeudi que l'UPAC ne mettra pas des enquêtes policières sur la glace, à cause du contexte préélectoral. S'il faut réaliser des perquisitions policières au cours des prochains mois, le travail sera fait, affirme avec conviction M. Lafrenière.

«Allons-nous retarder des enquêtes jusqu'au mois de décembre? Il n'en est pas question.»

L'UPAC, un modèle au Canada

Le Québec s'est beaucoup inspiré de la ville de New York pour mettre en place l'UPAC. C'est maintenant à l'UPAC d'être une référence et premier de classe au Canada, affirme Robert Lafrenière.

«Au Canada, on est le modèle. On est définitivement le modèle [dans la lutte à la corruption]», a indiqué le commissaire. Ce dernier explique que les autres provinces s'intéressent de plus en plus à l'impact que la corruption pourrait avoir dans l'octroi de contrats publics, notamment en Alberta, en Colombie-Britannique et en Ontario.

«On a des discussions avec d'autres policiers canadiens actuellement, parce qu'ils sont inquiets. Ils savent qu'un jour, ça va arriver chez eux, que c'est probablement déjà là.»

Le commissaire Lafrenière croit que les autres juridictions pourraient s'inspirer du Québec s'ils se lancent dans la lutte à la corruption.

Québec n'est pas épargnée par le crime organisé

Si des citoyens de Québec pensent qu'ils vivent dans une belle ville sans histoire, protégée des griffes du crime organisé, ils se trompent, assure le commissaire de l'UPAC. Robert Lafrenière a refusé de donner le nom des organisations criminelles qui pourraient avoir leur influence dans la région de Québec, mais il confirme qu'elles sont bel et bien présentes à Québec.

«Du crime organisé, il y en a partout. Que ça s'appelle la mafia, les motards ou les gangs de rue. Je vous ai donné trois exemples en quelques secondes de crime organisé. Il y en a partout au Québec.»

M. Lafrenière a tenu à rappeler que ces groupes collaborent pour assurer leur viabilité et se protéger des enquêtes policières. «Ils ont des avantages de travailler ensemble partout au Québec.»

Gâteau italien... retourné à l'expéditeur

Quand on est le grand patron de la lutte à la corruption, on se doit de nettoyer plus blanc que blanc. C'est ce que Robert Lafrenière a fait dans le temps des Fêtes, quand il a retourné un gâteau de quelques dollars qu'un fournisseur d'équipement lui a fait parvenir pour Noël. L'UPAC avait acheté de l'équipement de cette entreprise au cours de l'année 2012, «selon les règles gouvernementales», indique M. Lafrenière.

«Ce qu'on dit en prévention, ça commence par un petit café, un lunch, une fin de semaine, des billets de hockey, et on a même entendu des jambons, a expliqué M. Lafrenière, en racontant cette anecdote de la pâtisserie. Alors, ça en est de la corruption. Ça en est de la proximité. Comme dit ma relationniste, il y a pas un lunch qui est gratuit.»

M. Lafrenière a précisé que c'est un gâteau... italien qu'il avait reçu en cadeau.

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